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Edito | La lacune de Venise et les nouvelles du front... institutionnel (27-04-2016)

Le prochain pavillon français a été présenté lors d'une conférence de presse donnée le 22 avril 2016, l'occasion de prendre connaissance du contenu de l'exposition 'Nouvelles Richesses' promise par le collectif AJAP 14 et l'agence Obras au cœur de Giardini lors de la quinzième biennale d'architecture de Venise. D'aucuns se moquent déjà, en coulisse, de «la prime aux primés». Retour sur un simulacre de démocratie.

Biennale d'Architecture de Venise | France

Mondanité pour migrants à longueur d'allées ? Le sujet fait florès. Ici en Allemagne, là en Finlande... ou encore en Autriche... La prochaine biennale d'architecture, engagée, promet de recycler à tout va une actualité dramatique.

La France, dans ce concert de bonnes intentions, fait jouer son exception culturelle et proposera une exposition-catalogue de projets... «d'intérêt public» ; l'opportunité, sans doute, d'une belle compilation qui donnera lieu à un beau livre...

Ceci étant dit, aucune question ne semble réellement posée et la problématique peine à ressortir des propos de Frédéric Bonnet et de Lucie Niney, tous deux commissaires. Il n'est pas vraiment question de la «France moche», pas plus que d'un «vivre ensemble» (ouf!). D'une compilation d'images rapidement présentées, il ressort davantage une célébration de l'esthétique 'cheap', parfois peu réjouissante, mais si Haute Qualité Sociale...

A l'écran, les projets se sont succédé avec parfois un air de déjà vu. Bien des réalisations – certaines ont 10 ans d'âge et montrent combien seraient rares les opérations exemplaires en France pour qu'il faille remonter si loin – ont déjà fait l'objet d'expositions. Amnésique ou prise d'une crise de hoquet, la France se répète un peu. Sans doute faut-il accuser l'air du temps et la nouvelle prise de conscience sociale née de la crise économique.Voilà qui manque peut-être aussi d'humour ou d'auto-critique. Tout cela, sur papier, semble bien trop sérieux.

D'aucuns peuvent aussi regretter l'éviction du PEROU. En effet, la nomination du collectif AJAP 14 et de l'agence Obras en tant que commissaires du pavillon avait été accompagnée d'une promesse ; le jury avait «souhaité que le regard de cette équipe [le PEROU] soit intégré dans le Pavillon national par l’équipe lauréate, dans une logique de complémentarité avec son propre projet».

Aujourd'hui, de PEROU, il n'y a plus vraiment dans le Pavillon Français. Interrogé quant à cette absence, Frédéric Bonnet répond par une longue tirade. Il aura fallu près de cinq bonnes minutes pour noyer la polémique sous quelques longues phrases dégoulinantes de bonnes intentions : «nous sommes dans le même espace démocratique», conclut-il. 

Vraiment ? Le PEROU n'a plus voie, malgré «les échanges» et les «engagements communs». In fine, une place a été trouvé pour le collectif, à côté des autres agences présentées : «l'interview que nous faite est au même niveau que les autres […] nous souhaitions un équilibre dans la présentation», précise Frédéric Bonnet. Exit donc la logique de «complémentarité».

In fine, les intentions louables du Pavillon Français s'embourbent dans un contexte de nomination et d'éviction peu reluisant. Déjà, au début même de la conférence de presse, Vincent Berjot, directeur général des patrimoines au ministère de la Culture et de la Communication s'est, dans un élan d'enthousiasme, trahit. Retraçant le processus de sélection, il évoque la personnalité de Dominique Perrault, président du jury avant de pouffer que l’appellation même de jury serait un «terme pompeux». Qu'est-ce donc ce jury qui n'en serait pas un ? Voilà le simulacre dénoncé du bout des lèvres.

Jusqu'alors, Venise faisait l'objet d'une nomination. Pour la première fois, l'édition 2016 de l'événement a donné lieu à un appel à candidature. Vingt-six réponses furent données. En choisissant les AJAP 14, le ministère prêchait pour sa paroisse. En choisissant également OBRAS, elle faisait de même ou presque en optant pour le Grand Prix de l'Urbanisme 2014 (accordé par le ministère du logement). Enfin, Frédéric Bonnet a précisé lors de la conférence avoir déjà travaillé avec l'Institut Français, officiellement «opérateur du pavillon Français». Bref, voilà donc des architectes faisant presque parti des murs... au moins, «du même espace démocratique».

Il ne reste plus qu'à oublier la lourde polémique et apprécier, in situ, le travail accompli...

Jean-Philippe Hugron

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