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Actualité | I Mies U (18-05-2016)

L'architecte fait encore l'actualité de quelques journaux américains. Ici, Mies à vendre. Là, Mies à restaurer... Mies à réhabiliter... et même Mies à renconstruire ! A croire que le chantre de l'élégance et de la sobriété manque plus que jamais.

Patrimoine | Allemagne | Ludwig Mies van der Rohe

Combien pour ce Mies ? 349k.

349k ? 349.000 dollars ! Voilà le titre de quelques journaux nord-américains qui célèbrent par l'intermédiaire de ce montant l'architecture de Mies van der Rohe. L'adresse de cette maison à vendre? Détroit.

A Des Moines, dans l'Etat de l'Iowa, un autre chiffre est avancé. 10 millions de dollars cette fois-ci pour la transformation d'un immeuble «que vous n'avez probablement jamais regardé», affirme The Des Moines Register dans son édition du 3 mai dernier.

L'objet du déni n'est autre qu'un ensemble conçu par Mies van der Rohe, le centre catholique pastoral. Son architecture est remarquable, parfaitement miessienne. Elle semble d'autant plus appréciée aujourd'hui qu'elle incarnait, en 1962, lors de son achèvement, la modernisation du centre de Des Moines.

Enfin, The New York Times rapporte un projet étonnant, à deux millions d'euros cette fois-ci : la reconstruction d'une maison, la Villa Wolf à Guben, ville allemande située à la frontière germano-polonaise à une vingtaine de kilomètres au sud de Francfort-sur-l'Oder.

Selon l'édition du 31 mars 2016 du titre américain, un groupe d'architectes a lancé une campagne en vue de réaliser ce projet. L'enjeu est de démontrer la place de cette maison au sein de l'oeuvre de Mies van der Rohe ; elle jouerait notamment un rôle primordial. «C'est le premier pas de Mies vers le modernisme, c'est une étape majeure pour tout le mouvement», assure Florian Mausbach au quotidien new-yorkais.

02()_S.jpgDétruite pendant les batailles opposant armée russe et forces allemandes en 1945, la maison – du moins ce qu'il en restait – fut démontée afin que les matériaux puissent servir à l'effort de reconstruction. Aujourd'hui, presque plus rien ne subsiste de cette villa que certains aimeraient à nouveau contempler comme chacun peut parcourir le pavillon allemand imaginé par Mies van der Rohe pour l'exposition universelle de 1929 à Barcelone et reconstitué, depuis lors, en 1986.

«Ce projet se confronte toutefois à une forme de résistance de la part d'autres architectes mais aussi d'enseignants assurant que la villa Wolf serait trop difficile à reconstruire ; même si elle l'était, le résultat offrirait au mieux une vision incomplète de la pensée de Mies. Ce débat a une résonance particulière en Allemagne où la reconstruction d'édifices détruits pendant la Seconde guerre mondiale a toujours interrogé en plus d'être, pour certains critiques, une manière d'effacer la mémoire du nazisme», note le journaliste dans son article.

«La reconstruction est une façon de nier l'historie», confirme Leo Schmidt, professeur d'architecture à l'Université Technique du Brandebourg à Cottbus, principal opposant au projet de la villa Wolf.

L'initiative est d'autant plus contestée que le programme est flou. Le quotidien allemand local, le Lausitzer Rundschau a, à plusieurs reprises, évoqué cette question. La maison pourrait être un centre germano-polonais, un musée à la gloire de Mies van der Rohe ou encore la villa telle qu'elle était il y a plus de soixante-dix ans, du moins sans son mobilier ni les collections d'oeuvre qui y étaient présentées.

Pour les soutiens au projet, le temps presse ; en 2019 sera célébré le centenaire du Bauhaus. La villa devrait être livré à temps pour ce «jubilé».

Les exégètes soutenant la reconstruction jouent de la fibre événementielle et laissent miroiter la manne financière et touristique pour une ville, voire, une région. Les opposants, quant à eux, se frottent les mains en entendant de tels arguments.

Pour l'heure, toutefois, la messe pour Mies n'est pas encore dite ! Affaire à suivre.

Jean-Philippe Hugron

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