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Présentation | Atelier du Pont, être et pouvoir (21-09-2016)

Représenter le pouvoir municipal par la pierre... une question un peu trop 'IIIe République' dont la réponse plongerait tout un chacun dans un imagier fait de pâtisseries néo-Renaissance et autres pièces-montées néo-gothiques. Pourtant, la question continue de se poser régulièrement. Contre toute attente, les mairies ne cherchent plus à s'imposer dans le paysage. Bien au contraire, elles tendent à la discrétion. Retour sur les enjeux d'un programme avec Atelier du Pont qui vient de livrer, aux Herbiers, un nouvel Hôtel de Communes.

Bâtiments Publics | Les Herbiers | Atelier du Pont

Le programme est simple : construire l'extension de la mairie des Herbiers. La croissance de ce bourg vendéen avait déjà obligé, il y a fort longtemps, ses habitants à choisir pour maison commune la plus bourgeoise des demeures, celle qui avait, au milieu de son parc, des allures de petit château. Son nom : «Mon Désir».

Voilà de quoi, à moindre frais, défendre l'idée d'une représentation, plus ou moins, pompière, de la République. Toutefois, avec les années, salons et chambres ne suffirent plus pour accueillir tous les services municipaux. Un concours est organisé en 2013. Face à Tetrarc et Duncan Lewis, Atelier du Pont remporte la mise.

02(@TakujiShimmura)_B.jpgLe propos est alors simple. Sur le papier, la promesse évoque «un bâtiment proche du land art». Quelques photographies accompagnent l'argumentaire. En guise de références, l'agence parisienne cite 'C-Curve' d'Anish Kapoor ou encore 'Follow me' de Jeppe Hein. Point commun ? L'évanescence et la disparition.

«La difficulté de ce projet était de devoir réaliser, accolé à l'ancienne mairie, un édifice relativement important qui plus est, dans un parc présentant de remarquables sujets», indiquent Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier.

Et pour cause, il ne fallait pas écraser la bourgeoise demeure qu'une présence contemporaine aurait pu rendre anecdotique et, encore moins, ruiner l'harmonie d'un espace vert dominé par de hauts cèdres centenaires.

03(@TakujiShimmura)_B.jpgDans ce contexte, le morcellement en plusieurs entités aurait pu être envisagé. «Nous ne voulions toutefois pas urbaniser le parc», assurent les deux associés. Aussi, plus qu'un simple bâtiment administratif, il fallait, penser «une installation».

Un seul bâtiment unitaire a donc été privilégié à des fins fonctionnels. Malgré ses dimensions, il ne se montre que par «fragments» et jamais dans sa totalité. Le tout est habillé de lames en aluminium anodisé (sauf au nord) reflétant leur proche environnement. Eloge de la discrétion.

«Nous ne voulions pas offrir de vision frontale mais, au contraire, un paysage qui change par l'intermédiaire de courbes», expliquent-ils. La construction se veut alors «souple et athlétique» afin de «slalomer» entre les arbres.

De ce parti pris affirmé, s'en est donc suivi un «travail plastique». Les courbes se sont effilées pour s'achever en pointe. Le geste n'a pas été sans engendrer une forme étrange, a priori inadaptée à un programme tertiaire. Les architectes s'en défendent : «Ce choix ne dégrade pas l'habitabilité de cet équipement, bien au contraire. Le rapport entre surface de bureaux et noyau technique est meilleur que dans un immeuble de bureaux classiques», expliquent-ils.

Le long développé de façade permet aussi aux plus importantes circulations de bénéficier de la lumière du jour. Depuis ces «galeries», les arbres sont omniprésents et la déambulation s'y montre agréable. «Ce plan rend, in fine, l'organisation beaucoup plus fluide», disent-ils.

04(@TakujiShimmura)_S.jpgAussi expressive puisse-t-être la forme du plan, la construction ne se montre, quant à elle, ni bavarde, ni grandiloquente. Il en résulte une image de l'institution sobre, furtive...en retrait.

La République s'émanciperait-elle de ses symboles ? A voir avec le temps...

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Programme : Construction de l’Hôtel des Communes du Pays des Herbiers (85)
Maître d’ouvrage : Communauté de Communes du Pays des Herbiers
Livraison : Juin 2016
Performance environnementale : RT2012 -37%, démarche Passivhaus
Surface : 2 880 m² sdp
Coût : 6.26 M€ HT
-
Architecte : Atelier du Pont
(Chef de projet : Julie-Laure Anthonioz - Architecte d’intérieur : Aline Defert - Équipe projet : Quentin Perchet, Hélène Laurin)
Architecte associé : Michel Joyau
-
BET structure : Arest
BET fluides : Area
Economiste : ECB
Acousticien : Serdb
Paysagiste : Paula Paysage
Ingénierie environnementale : Plan02
-
Photographe : Takuji Shimmura

Réactions

Bl | Architecte | Pays De La Loire | 21-09-2016 à 21:44:00

Bonsoir,
Nous découvrons la belle réalisation de plan01.
Pour votre information nous vous transmettrons notre projet remis dans le cadre de cette consultation très intéressante.
Cordialement
Philippe Barré

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