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Edito | Aux Halles, déjà une autre Canopée ? (05-10-2016)

Si «effaroucheurs» et «pare-pluies» risquent d'habiller la tonitruante verrière de Patrick Berger et Jacques Anziutti, le projet d'édicule, place Marguerite de Navarre, voit son ambition revue à la baisse. Voilà l'histoire presque trop banale d'un grand projet parisien quelques mois après son inauguration.

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Les baraques de chantier s'en vont progressivement. Le regard du Parisien, jusqu'à présent, butait sur cet amoncellement de cabines teintées de noir et fantasmait, par delà, une perspective vers la Bourse du Commerce et le chevet de Saint-Eustache, soit une vision panoramique qui pouvait convaincre le plus râleur d'entre eux d'arrêter de pester contre le fantasque ferraillage de la Canopée. Les deux monuments sont malheureusement étêtés par la couverture ventrue des Halles. La messe est dite.

Pendant ce temps, la gare d'échange s'habille de belles céramiques dont la brillance dorée se détache élégamment de murs noirs. Le pôle de transport promet une mue harmonieuse orchestrée, elle aussi, par Patrick Berger et Jacques Anziutti.

Ce vaste projet de restructuration, différent de celui de La Canopée, avait pour point d'orgue une sortie, place Marguerite de Navarre. L'enjeu était d'offrir à tout un chacun un accès différent de celui permis par le centre commercial. Si autrefois les galeries marchandes pouvaient être évitées, elles sont aujourd'hui un point de passage obligé. Le voyageur du métro devient le possible chaland qu'il faut désormais tenter de piéger.

Pour autant – sans doute le mérite revient-il à des associations soucieuses d'un peu de bien-être – une sortie est donc prévue plus loin, directement place Marguerite de Navarre. Le duo lauréat promettait alors un édicule particulièrement intéressant. A l'image, la structure pouvait s'apparenter aux halles de marché, toutes de béton, des années 20 et 30. Mais voilà, patatras, du beau dessin, il n'est plus rien. La guigne !

02(@lautreimage)_B.jpgDepuis le mois de septembre, une nouvelle perspective circule sans autre explication ; les sites Internet de la RATP et de la SemPariSeine qui chapeaute l'opération des Halles semblent muets.

Pour comprendre ce changement, il faut s'en retourner au compte-rendu du comité de suivi des travaux lequel s'est réuni le 14 septembre dernier. Le document annonce que «suite au rejet de l’ATEX (Avis Technique Expérimental) du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) cet été sur le projet d’édicule surmontant le futur accès Porte Marguerite de Navarre, la RATP a décidé de changer de projet. Afin de limiter l’impact sur le calendrier, le nouvel édicule sera réalisé avec des matériaux connus, sans nécessité d’ATEX, et offrant une bonne stabilité au feu»

Plus loin, le nouvel édifice est décrit. Il «sera moins haut que sur le projet précédent. Le toit plein sera recouvert de vitrage légèrement teinté (matériau précis restant encore à choisir). L’édicule sera ajouré en périphérie avec un bardage de bois alliant épicéa et mélèze. Ce projet est par ailleurs moins coûteux que le précédent». Ouf !

Si la décision du CSTB tombe à pic pour éviter toute dépense somptuaire, la proposition en «bardage de bois alliant épicéa et mélèze» a malgré tout de quoi faire défriser Guimard dans sa tombe. La nouvelle proposition signe en effet la victoire de l'anti-nouille.

En plus d'avoir le mérite d'éclairer ce changement soudain de projet, ce document révèle d'autres points intéressants quant à la Canopée elle-même. Un chapitre «Présence de pigeons sous la Canopée» laisse entendre que rien n'a été jusqu'à présent prévu. Si des «contacts ont été pris pour la mise en place d’un système sonore, similaire au dispositif de l’église St Eustache, empêchant les pigeons de s’installer sur la structure», Il s'avère «difficile de tirer des alimentations électriques sur le toit» de la Canopée et d'y installer des «effaroucheurs». «Le sujet reste donc à l’étude».

Autre chapitre : «Pluie sous la Canopée». Une «suite» aurait été donnée à «la solution de pare-pluies» lesquels feront l'objet d'un prochain appel d'offres. A suivre donc.

Enfin, et non des moindres : «Cascade de la Canopée». Il s'agit là de trouver une solution «au niveau du bec verseur de la cascade pour limiter les embruns gênants pour le public». Pour ce faire, «des phases de test ont été réalisées cet été. Les modifications techniques pour limiter les embruns seront mises en œuvre avant la fin de l’année».

Et pour finir, quelle solution pour éviter également d'exposer à l'eau les escaliers mécaniques ? Le document évoque  «la possibilité de mettre en place des vitres plutôt que des barrières autour des emmarchements de la cascade pour limiter les projections» en admettant que «ce dispositif n’est pas esthétique mais reste efficace». Tout est dit.

Jean-Philippe Hugron

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