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Portrait | Qui sont les architectes de Donald Trump ? (02-11-2016)

Des honoraires impayés ? Des vidéos sulfureuses ? Des interviews réécrites ? Des commandes providentielles ? C'est un peu le programme réservé aux architectes de Donald Trump. Le Courrier de l'Architecte vous livre trois histoires dont celle d'Andrew Tesoro, la plus récente mais aussi la plus épique !

Etats-Unis

Der Scutt (1934-2010)

Sa première rencontre avec Donald Trump ? C'était au restaurant Maxwell’s Plum, un vendredi soir. Il était question, autour de la table, de refaire le hall «défraîchi» de l'hôtel Commodore, voisin de Grand Central Station. De fil en aiguille, voyant que Der Scutt le comprenait parfaitement, Donald Trump n'a donc pas vu d'un mauvais œil l'implication, quelques années plus tard, de cet architecte dans la conception de sa nouvelle tour de la 5e avenue.

Der Scutt imaginait alors se saisir de cette opportunité pour poursuivre son travail sur de grandes et larges façades miroitantes. Il avait à son actif, l'hôtel Commodore devenu, sous l'effet d'une transformation radicale allant bien au-delà du seul réaménagement d'espaces d'accueil, le Grand Hyatt.

Malgré ces prestigieuses commandes, jamais Der Scutt n'a développé «de style distinctif», même s'il passa trois ans après ses études auprès de Paul Rudolph, comme le rappelle la nécrologie parue à l'annonce de son décès, en 2010, dans The New-York Times. Il faut comprendre ce parti pris du fait de «ses passages au sein de deux grands bureaux – Kahn & Jacobs pour qui il a dessiné One Astor Plaza et Swanke Hayden Connell Architects, avec qui il a débuté la conception de la Trump Tower».

Il fonde son agence alors même que le projet du célèbre milliardaire était en passe d'aboutir. Der Scutt avait alors cinquante ans.

Les années qui ont suivi sont marquées par différents projets de gratte-ciel : le 452 Fifth Avenue, siège de la compagnie HSBC qui reprend étrangement les lignes de la Trump Tower, The Corinthian, une tour résidentielle particulièrement expressive ou encore la 100 United Nations Plaza Tower, la plus spectaculaire d'entre toutes.

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Francis X. Dumont

A trente-quatre ans, Francis X. Dumont, architecte basé à Atlantic City, a reçu de Donald Trump la commande d'un futur casino : le Trump Taj Mahal. «L'idée, bien sûr, était l'Inde : pas tout à fait le Taj Mahal auquel la construction ne ressemble pas du tout mais à un 'palais de maharajah' selon l'architecte pour qui gagner un projet comme le Taj Mahal à ce moment de sa carrière est l'équivalent professionnel d'arriver à une table de poker avec, en main, une quinte royale», écrivait Paul Goldberger, critique à The New York Times, au moment de l'inauguration du complexe récréatif en avril 1990.

Depuis, Francis X. Dumont s'est fait un nom en matière de casinos, tant et si bien qu'il est aujourd'hui «vice president and director of design» du bureau basé à Las Vegas d'un cabinet, Leo A Daly, mêlant architecture, ingénierie et design dont les projets sont particulièrement réjouissants… disons Trumpesques...

Andrew Tesoro

Voilà le plus médiatique ! Le plus malheureux aussi. Depuis plusieurs mois il est «celui qui a vu sa carrière détruite par Donald Trump». Sensation !

Forbes en faisait déjà un gros titre le 13 juillet dernier. L'article répondait à une vidéo produite par le camp démocrate où l'interview d'Andrew Tesoro permettait d'illustrer combien Donald Trump serait peu fiable. L'architecte engagé pour concevoir le «club house» du Trump National Golf Club y affirme en effet «avoir envoyé sa facture pour n'être jamais payé».

03()_B.jpgLe ton de l'entretien avec Forbes est toutefois étrange. L'architecte glisse, entre les lignes, que les trois minutes reprises par l'équipe d'Hilary Clinton ne représentent pas l'intégralité de son propos. Certes, sur les 140.000 dollars d'honoraires, il n'a pu en facturer que 25.000. Ceci étant dit, il conserve, malgré tout, du respect pour Donald Trump au point même de souhaiter «boire un café avec lui».

Le site Architizer s'est fait l'écho de cette étrange histoire. Un addendum conclut l'article. Andrew Tesoro s'y exprime vivement : «Je ne ressens aucune 'admiration' pour Mr Trump ; je n'associe pas le charisme de Trump aux notions de respect et d'intégrité. Je ne déteste pas Mr. Trump – voilà qui est plus juste – et ce, non parce que j'approuve le jeu auquel il joue quand il fait des affaires... J'ai demandé à relire la présentation de Forbes mais seules quelques bribes factuelles m'ont été transmises. La portée de cet article a été troublante autant que le débat exagéré autour de cette vidéo», écrit l'architecte.

Pauvre Andrew...

Jean-Philippe Hugron

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