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Présentation | NAOM, bunker futurologie (16-11-2016)

Marseille, les quartiers Nord. De la délinquance, du frisson… et beaucoup d'a priori. Quand NAOM (Nouveaux Architectes of Marseille) a reçu commande d'un petit équipement sportif, la maîtrise d'ouvrage ne désirait rien d'autre qu'un «bunker»… En lieu d'un abris nucléaire, une délicate intervention fut finalement privilégiée.  

Sport | Corten | Marseille | NAOM

Le mur de l'Atlantique en pleine cité ? C'était, peu ou prou, l'ambition d'origine. Certes, l'environnement est «sensible» ; carcasses de voitures brûlées et guetteurs grassement financés par les dealers peuvent en attester. Toutefois, entre tours et barres, le stade du Merlan, qui relevait alors davantage de la friche que de l'équipement sportif, appelait quelques transformations. Pour le remettre à niveau, il s'agissait d'y réaliser des travaux plutôt... «solides» !

Le réflexe était-il toutefois le bon ? Peut-on se prémunir de tout vandalisme en proposant la plus grande résistance ? «En allant sur place, j'ai découvert de nombreux tags dont l'un mentionnait 'mon père a joué ici', j'ai compris que ce lieu pouvait inspirer de la fierté auprès des habitants du quartier», indique Damien Fluchaire, architecture fondateur de NAOM.

02(@NAOM)_S.jpgLe programme était alors simple : des vestiaires, un logement de gardien, un terrain de foot, une piste d'athlétisme et un parking. «Nous voulions faire un peu plus. Nous souhaitions réaliser une zone de respiration, un parc public», explique-t-il.

L'idéal de «protection» fut alors détourné. Il n'y avait plus en mire un objet mais plutôt une fonction : «nous voulions créer un sanctuaire dédié au sport», reprend l'architecte.

Pour ce faire, il s'agissait de donner une «cohérence» au site voire une «esthétique». Un univers onirique fut donc imaginé. De dunes enherbées devaient émerger les quelques interventions architecturales promises. En guise d'imagier, Damien Fluchaire s'en est retourné vers quelques souvenirs de jeunesse… notamment bulles et cases d'une bande-dessinée retraçant les aventures de Yakari. Bref, des «roches» de Corten devaient surgir du sol. «Elles sont aussi rustiques que résistantes», assure-t-il. Leur forme assure la fonction de garde corps au sommet de promontoires semi-naturels. «Nous voulions que tout le monde puisse s'y promener sans risque, que la balade y soit évidente», poursuit-il.

03(@NAOM)_S.jpgL'intention aussi plastique soit-elle demeure pratique. Il fallait, au départ, trouver le moyen de rendre impraticables les toitures des nouvelles constructions pour éviter qu'elles ne deviennent squattées. NAOM prit la position inverse : il fallait justement que toutes les toitures soient praticables...mais par tout le monde ! D'où ce schéma paysager.

Enfin, le Corten se décline sur la clôture. Là encore, il était davantage question, aux toutes premières heures, d'un objet défensif. NAOM a pris le parti de créer un effet cinétique. Si de face, le mur paraît imperméable, de profil, il laisse entrevoir l'activité qui s'y déroule par delà. «Nous avons eu la plus grande difficulté à imaginer ce dessin. Nous ne l'avons trouvé qu'en bricolant. En découpant un papier, nous obtenions un peigne dont nous pouvions plier les branches. Notre grille était alors toute trouvée», s'enthousiasme encore Damien Fluchaire.

04(@NAOM)_S.jpgRestait à gérer un autre point plus technique encore : le terrain de foot lui même. Il s'agissait en effet de couvrir l'ensemble d'une pelouse synthétique. Pour permettre une qualité de jeu, le tout est usuellement placé sur une couche composée de morceaux de pneus concassés. En plus d'un désagrément olfactif, le matériau chauffe particulièrement l'été et nécessite d'être longuement arrosé. «Nous avons donc recherché une technologie alternative. Nous avons en lieu et place proposé du liège. Cette solution fait aujourd'hui école», explique l'architecte.

Depuis sa livraison en juin 2016, aucune dégradation n'a été signalée. A penser que le parti audacieux de NAOM, en inspirant un tant soit peu de respect, a bel et bien fonctionné. Aux pouvoirs publics désormais de ne pas laisser l'endroit dépérir.

Jean-Philippe Hugron

05(@NAOM)_S.jpg

Réactions

messire | 17-11-2016 à 08:31:00

RCR est passé par la...avec un logiciel 3D. le formalisme poussé ne survivra pas aux années malheureusement...c'est le probleme des modes...bien fini pour la partie technique en revanche.

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