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Edito | Réveil de la promotion et préhistoire architecturale ? (16-11-2016)

L'information n'est pas passée inaperçue : Daniel Libeskind réalisera, à Nice, un ensemble de bureaux à proximité de la gare centrale. A l'image, le mastodonte paraît disgracieux, d'un autre âge… voir même d'une ère préhistorique. Que peut donc enseigner l'analyse de ce libeskindonosaure ?

Nice

Poussiéreux ? Un coup de pinceau et voilà les ossements apparents. Un libeskindonosaurus... déconstructor, bien évidemment!

Trouvé dans une couche jurassique ? Pas même pritzkerique…

La strate est, au mieux, bilbaobérique… une ère de «grands mouvements», celle des Gehritéraptores et Hadidonosaures...

C'était aussi cette époque où des villes comme Bordeaux, Nantes ou encore Lyon s'évertuaient à faire (trop peut-être) de l'architecture contemporaine leur «image de marque». En ces temps là (2000 après JC), des «métropoles régionales» se montraient pourtant en reste. Parmi elles, Nice.

Si une véritable école d'architecture y manquait, une école de pensée s'y organisait autour de quelques remarquables agences allant, entre autres, de Marc Barani à CAB en passant par Comte.Vollenweider. De petites opérations, souvent discrètes, servaient ainsi une cause locale… trop loin malheureusement des projecteurs pour s'affirmer aux yeux de tous.

Il n'y avait alors, de ce côté de la Riviera, aucun projet urbain à l'échelle de Confluence, de l'Ile de Nantes ou encore du quartier des Bassins à flots. Peut-être la plaine du Var était-elle en mesure de devenir un eldorado de la forme et de la vêture, bref une collection de flacons façon ZAC. Si le polémique stade de Jean-Michel Wilmotte marquait le paysage, deux tours étaient promises – l'une de Jean Nouvel et l'autre de… Jean-Michel Wilmotte – pour satisfaire la publicité de l'opération.

Plus loin, au cœur même d'un quartier «fin de siècle» avec des façades versant tantôt dans la nouille féminine, tantôt dans l'art déco tardif, un «geste» était promis. Un méli-mélo de cubes – un diamant habité, disait-on – devait accueillir bureaux, hôtels et services sur une parcelle exiguë. Le tout, habillé de façades de métal et de verre... Etait-ce vraiment adapté au climat azuréen ? D'aucuns pouvaient en douter mais la mairie tenait là son «oeuvre du XXIe siècle»...

L'aspect positif était qu'une promotion privée pouvait (enfin) avoir le courage de porter un geste fort à l'image de ces pouvoirs publics qui défendaient, dix ans plus tôt, une «architecture spectacle». Le côté négatif était de s'approprier une logique surannée avec une décennie de retard...

Bref, Nice faisait, en 2016, plus ou moins comme les autres... s'attardait autour d'un libeskindonosaurus au lieu de porter, sur une scène nationale et internationale, de remarquables agences locales...

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Coquilette | Architecte | 06 | 17-11-2016 à 08:12:00

Je ne m'explique pas ce qu'est la nouille féminine en matière d'architecture...

Pour le reste, le travail de Libeskind rappelle, s'il le faut, que ses projets sont rarement médiocre. Faisons lui confiance.

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