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Actualité | Urbanisme et politique : place au mutisme ? (01-02-2017)

La ville – son architecture autant que son urbanisme – est le support de pratiques politiques. Les récentes manifestations aux Etats-Unis mais aussi celles ayant eu lieu dans les pays du monde arabe et en Turquie montrent combien l'espace public est un enjeu de prime importance dans la liberté d'expression. Plus que jamais les Angelins attendent, face à Trump, les transformations promises par l'agence TER de Pershing Square.

Urbanisme et aménagement du territoire | Los Angeles | Agence TER

Le Printemps Arabe avait porté, sur le devant de la scène, outre un message politique, des lieux symboliques. Parmi eux, la place Tahrir s'était faite, au Caire, le symbole d'une révolution.

A Istanbul, la place Taksim est elle aussi le précieux support d'une vie citoyenne. Son réaménagement promis en 2013 avait suscité l'ire de Stambouliotes voyant de ce projet l'intention du pouvoir en place de contrôler toutes formes de manifestations.

Aujourd'hui, les Etats-Unis sont en mesure de s'interroger, eux aussi, sur leurs places publiques. Un article paru le 21 janvier 2017 dans le Los Angeles Times observe, sous la plume de Christopher Hawthorne, la capacité de la Cité des Anges à proposer des espaces à même d'accueillir les plus grandes manifestations.

Pour ce faire, la Marche des Femmes à l'encontre de Donald Trump, en gagnant les rues du centre-ville, s'est faite l'opportunité intéressante d'une appréciation ; Los Angeles connaissait alors son plus grand rassemblement depuis 2006.

«Toute marche politique est à la fois un test pour les limites spatiales de la ville et un exercice sur les nouvelles manières d'appréhender et d'utiliser la ville. Ceci est d'autant plus vrai qu'à Los Angeles, la municipalité cherche à briser cette réputation surannée accusant son manque de culture piétonne et d'espaces publics vivants», note le journaliste.

Après une description complète de son parcours depuis la station de métro jusque dehors puis le longs des rues, Christopher Hawthorne s'applique à souligner la capacité de la ville à supporter cette marche. Toutefois, point d'orgue de la manifestation, Pershing Square se montre inhospitalière alors même qu'elle est «depuis des décennies l'espace politique le plus important de Los Angeles».

02(@ChrisEnglish).jpgL'auteur dénonce plus loin la rénovation «impopulaire» accomplie en 1994 par Ricardo Legorreta après la création, dans les années 80, d'un parking souterrain ayant surélevé la place. Il fustige les vues «bloquées» par des murs jaunes et violets, réminiscences de son maître, Luis Barragán.

Alors que Donald Trump promet d'ériger d'autres murs moins colorés, la ville de Los Angeles ambitionne quant à elle de détruire l'intervention de l'architecte mexicain en vue de «réinventer Pershing Square».

Pour ce faire, l'agence TER, accompagnée pour l'occasion d'autres bureaux américains, a été sélectionnée forte de ses références, Place de la République en tête. Christopher Hawthorne retient de cette proposition sa «radical flatness».

03(@TER).jpg«Le principe de base du projet et de remettre la place de nouveau au niveau de la rue : 'radical flatness'. Une restructuration minutieuse du toit du parking permet de créer cette surface continue. Le nouveau Pershing Square sera donc inclusif, démocratique et accessible ; retourné à sa planéité historique et continu avec les trottoirs environnants, il sera accessible à partir de toutes les directions et pour tout le monde, sans escaliers ni murs», préviennent les associés de l'agence TER.

Cette transformation radicale et ces subtils aménagements sont promis à l'horizon 2020. D'ici là, les manifestants ne devront plus affronter les curiosités de Legorreta ; ils devront se plier aux nécessités d'un important chantier.  

Jean-Philippe Hugron

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