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Edito | Réinventer... réinventer... et se réinventer ? (08-02-2017)

C'est la mode ! Paris, la Seine, la métropole… tout y passe, même la profession ! Tout, sauf, peut-être, l'architecture… Peut-on sans cesse se renouveler ? A défaut, serait-ce verser dans un recyclage de mauvais goût ou, pire encore, de confiner dans le «style» ?

France

Les perspectives du projet de «fondation d'art» et d’hôtel à la pointe de l'Ile Seguin ne laissent pas d'étonner, plus particulièrement la proposition de Baumschlager Eberle qui semble, sur un site exceptionnel, vouloir recycler un projet – fort élégant – réalisé quelques années plus tôt, à Zurich.

Cette étrange parenté interroge plus qu'elle ne séduit. Certes, la position géographique de l'immeuble appelait sans doute à travailler sous le contrôle du «génie» du lieu.

Abstraction faite d'une prestigieuse adresse, l'agence aurait-elle pu faire ou refaire la même chose, le même dessin ? Quelques-uns on pu s'étonner, il y a trois ans, de voir Hamonic & Masson livrer deux immeubles de logements, l'un dans le XIIe, l'autre dans le XIIIe, partageant la même physionomie. Le duo se défend d'avoir bégayer et assure avoir poursuivi une même réflexion au même moment. Mais, quel mal peut-il y avoir, dès lors que les deux immeubles, aussi bien réalisés que conçus, offrent un cadre de vie plaisant ?

Faut-il donc sans cesse se renouveler ?

La réponse est d'autant plus difficile à donner que revient en mémoire une ancienne interview d'Yves Saint-Laurent. Si la difficulté d'en retrouver les traces et si la mémoire peut déformer les circonstances, il semblait que le créateur, dans un sanglot, à moins qu'il ne s'agissait d'une colère froide, se montrait épuisé de devoir sans cesse «créer» selon le rythme frénétique des saisons qui se succèdent. Printemps-été. Automne-hiver.

Alors que l'on voit les perspectives de projets d'Herzog et de Meuron – des tours à New York, Paris, Bangkok… – présentant le même détail – ou des images de projets de Stefano Boeri avec la même idée de jardins suspendus… le sentiment de déception s'invite sans qu'il ne soit réellement justifié.

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Qui irait blamer Le Corbusier d'avoir réalisé plusieurs «unités d'habitations» de Rezé à Berlin en passant par Marseille, Briey et Firminy. Si toutes présentent des variations, elles n'en demeurent pas moins intimement liées les unes aux autres ; de vraies fausses jumelles.

Qui irait critiquer Auguste Perret qui d'églises en chapelles, de maisons en immeubles, a sans cesse réutilisé les mêmes détails ? L'accusation de radotage ne viendrait sans doute jamais à l'esprit.

Alors pourquoi aujourd'hui s'émouvoir ? La faute à la société du spectacle ? A celle de consommation ? La question reste en suspens.

Quoi qu'il en soit une profession se prive aujourd'hui de mots devenus tabous pour justifier le choix de la redondance. La répétition est bel et bien bannie autant que le beau, la modernité, le style… que de gros mots !

Jean-Philippe Hugron

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