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Edito | De la ruine, Arnault sort Dubuisson (08-03-2017)

Enfin ! La nouvelle a été annoncée ce mercredi midi, 8 mars 2017, lors d’une conférence de presse : Bernard Arnault prend à sa charge la transformation du Musée des Arts et Traditions Populaires. La fabrique de la ville, plus que jamais, se montre dans les mains du secteur privé.

Bâtiments Publics | Culture | 75016 | Frank Gehry

C’est un constat d’échec pour les pouvoirs publics. Après avoir pris la décision de déplacer le Musée des Arts et Traditions Populaires à Marseille qui, n’en voulant pas réellement a pris le parti de rebaptiser l’institution 'musée des civilisations d'Europe et de Méditerranée, l’écrin imaginé par Jean Dubuisson pour recevoir outils, charrues, lits clos et outre cuillères, dans les années 70, est resté à l’abandon.

L’Etat a montré, jusqu'alors, peu d'implication quant à l’idée de transformer le site. La ville, propriétaire de l'adresse, ne s’est pas montrée beaucoup plus préoccupée par l’abandon d’un musée qui, à l’époque de son inauguration, avait éveillé le plus grand enthousiasme.

Sa co-visibilité avec la nouvelle Fondation Vuitton lui a valu, pour tout traitement, l’érection d’une haute palissade. Cache sexe ? Cache misère !

Au luxe prétentieux du nuage de verre imaginé par Frank Gehry s’oppose la masse sombre d’un monolithe en ruine. Pathétique voisinage pour l’institution voulue par l’homme d’affaires français, l'un des plus riches au monde.

Les années ont passé sans que la situation ne change. La rétrocession dans cinquante ans de la Fondation à la ville de Paris – un cadeau empoisonné – n’a pas invité les pouvoirs publics à prendre le pas pour imaginer le renouveau d’une icône moderne.

Lassé sans doute de cette situation contrariante, Bernard Arnault a pris le taureau par les cornes : il met 158 millions d’euros sur la table – dont une partie sera, au titre du mécénat, défiscalisable – pour transformer l’édifice qui, à terme, sera l’extension d'une fondation qui officiellement aurait coûté 100 millions d'euros (cherchez l'erreur).

Pour mener à bien se projet, LVMH s’engage à verser tous les ans une redevance de 150.000 euros et une part variable de 2 à 10% des rentrées financières liées aux activités du site. Le groupe espérait retrocéder l’ensemble dans soixante-dix ans. La ville, à l’achèvement des travaux, reprendra possession du site dans cinq décades.

Au programme, LVMH prévoit une très grande salle de 2000 à 4000 personnes, une plus petite de 700m², des ateliers d’artisans d’art, une académie des métiers d’art et des savoir-faire, un institut des métiers d’excellence et, enfin, un restaurant panoramique au huitième étage.

Pour ce faire, le groupe a commissioné un architecte, son architecte : Frank Gehry, pardi ! Avec Thomas Dubuisson, petit-fils de l'auteur des Zatépés, tous deux ont imaginé «réinterpréter» le bâtiment «sans l’altérer». Les premières perspectives montrent que les atours sombres et fumés de l’ensemble – pourtant si caractéristiques – sont voués à disparaître…

Alors que François Pinault annonçait la transformation de la Bourse du Commerce par Tadao Ando, Pierre-Antoine Gatier et NeM, Bernard Arnault poursuit la surenchère en prenant en charge une autre réhabilitation emblématique de la capitale.

D’aucuns assistent donc à cette étrange joute où la culture du privé tend à s’imposer face à l’incurie des pouvoirs publics… avec, en perspective, un autre mode de faire la ville !

Jean-Philippe Hugron

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