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Actualité | Niemeyer, d'outre-tombe (22-03-2017)

Cinq ans après sa mort, l'architecte brésilien promet encore des chantiers et des réalisations. Le dessin aurait été imaginé peu avant sa mort en 2012. Son commanditaire promet sa concrétisation d'ici 2018. L'objet ? Une sphère, à Leipzig… de quoi ne pas perdre la boule !

Architecture industrielle | Béton | Allemagne | Oscar Niemeyer

Si Zaha Hadid continue de remporter des concours, Oscar Niemeyer poursuit son œuvre. Il y a bien, pour certains architectes, une vie après la mort !

A 104 ans, Oscar Niemeyer avait, depuis ses bureaux de Rio, répondu à la lettre d'un chef d'entreprise allemand, Ludwig Koehne, à la tête de Kirow Leipzig. Ce dernier est présenté dans un article publié par la radio MDR Kultur, comme une «bella figura» qui a, en français dans le texte, un «faible», pour l'architecture.

Sa missive, envoyée en 2011, expliquait à l'architecte carioca que son entreprise avait un bon chef cuisinier dont l'ambition était d'améliorer la qualité des plats servis en plus d'agrandir la salle de restauration. Bref, il fallait une extension et le seul endroit possible était le toit.

Oscar Niemeyer a répondu par l'affirmative en imaginant, sur le coin d'une construction industrielle fin de siècle, une sphère de béton et d'acier mesurant douze mètres de diamètre.

«Cette coquille moderniste abrite un café avec salon et bar, et devrait, dans l'esprit de la bossa nova et Copacabana, évoquer la légèreté de l'être. Une moquette bleue devrait rappeler la couleur de la mer, et des fauteuils confortables inviter à contempler un dessin de Niemeyer qui, sur un mur carrelé, rappellera les beautés des plages brésiliennes», précise l'article de MDR Kultur.

02(@KirowLeipzig)_S.jpgLe chantier conduit par un ancien collaborateur de Niemeyer devrait ainsi se dérouler jusqu'en mars 2018, date à laquelle est prévue l'ouverture du site. La construction signerait alors le renouveau d'une zone industrielle encore active. Ludwig Koehne veut d'ailleurs ériger son projet en contre-exemple des habitudes contemporaines qui privilégient la transformation totale d'anciennes manufactures ; non loin de l'entreprise, une halle a déjà été transformée en ateliers d'artiste. Pour le chef d'entreprise, l'intervention d'Oscar Niemeyer doit pérenniser la présence des activités sur place. A ses yeux, il en va d'un investissement pertinent.

Ce choix – sinon cette logique nouvelle – attise, bien entendu, les convoitises. «Mut für Oscar Niemeyer ?», titre le Sächsische Zeitung. «Oser Oscar Niemeyer ?». Le quotidien régional évoque, lui aussi, ce projet de Ludwig Koehne et, par la même occasion, le développement d'un ancien quartier industriel d'une banlieue de Dresde, Radeberg.

La commune, connue pour ses brasseries et sa bière – Radeberger –, a, pendant longtemps, refusé de nombreux projets pensant dépeupler son centre-ville. Aujourd'hui, de nombreux terrains sont restés vierges de toutes constructions et la situation appelle désormais à l'action.

Selon le Sächsische Zeitung, la ville désirerait quelque chose de «nouveau» à l'image, justement, de ce que promet Ludwig Koehne. Pour cela, il lui faudrait un «architecte de rang international» et le nom d'Oscar Niemeyer se retrouve logiquement lancé…

Ni vraiment nouveau… ni vraiment vivant…

Bref, Radeberg semble ne pas avoir saisi la logique de Ludwig Koehne de maintenir une activité industrielle pour, en inventant l'eau chaude, davantage s'en remettre à une signature et au sempiternel effet Bilbao.

Jean-Philippe Hugron

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