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Global Award 2017 | MacKay-Lyons Sweetapple Architects, à lire entre les poncifs (17-05-2017)

«Nous nous considérons comme des paysans», avance Bryan MacKay-Lyons, co-fondateur de l'agence canadienne MacKay-Lyons Sweetapple Architects. L'affirmation une fois lancée jette le doute sur l'honnêteté d'une démarche. Il en fallait peu pour discréditer une pratique gonflée de fastidieux poncifs.

Global Award | Canada

La conférence donnée dans le cadre du symposium Global Awards à la Cité de l'Architecture par Bryan MacKay-Lyons et Talbot Sweetapple ne laisse pas d'interroger. Tant et si bien que leur présence au sein du palmarès 2017 pourrait même surprendre.

Avant même qu'un mot ne soit prononcé, d'aucuns pourraient se questionner face aux images offertes au regard : la beauté d'un paysage renforcerait-elle le pouvoir d'une architecture ?

En effet, une maison de bois, face à la mer, par dessus quelques rochers et entourée d'une sombre forêt de pins ne tirerait-elle pas son intérêt d'un superbe contexte ? La même maison serait-elle autant appréciée dans les tréfonds d'une sordide banlieue parisienne entre un entrepôt et une ligne de chemin de fer ?

Bryan MacKay-Lyons & Talbot Sweetapple ont probablement conscience de cette concurrence que la nature joue face à leur production. Elle vient aussi l'enrichir. Aussi, le duo défend volontiers, depuis ses terres natales de la Nouvelle-Ecosse, «la culture du lieu».

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Les bons mots finissent par rapidement s'accumuler dans leur discours comme autant 'd'éléments de langage' bien sentis. L'intérêt pour le «vernaculaire» n'a alors d'égal que le goût de «l'éthique économique». Bryan MacKay-Lyons évoque avec joie le «génie culturel des pêcheurs et fermiers» mais aussi «l'élégance paysanne». Il concède toutefois curieusement que «le vernaculaire est un peu laid».

«Mon professeur, Charles Moore, me disait que le participatif fonctionne toujours», reprend-il. MacKay-Lyons a mené de 1994 à 2013, dans la ferme familiale, un programme pédagogique : le Ghost Architectural Laboratory. L'été venu, des ateliers de conception-construction permettaient à de jeunes étudiants d'enrichir leurs connaissances mais aussi la propriété des Mackay-Lyons de belles constructions. L'initiative originale a fait les belles pages de publications. Pour l'heure, l'architecte évite le sujet préférant montrer une série de projets récents.

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A l'écran, les photographies se suivent et se ressemblent. Toutes les maisons imaginées partagent géométries et matières. Seuls les situations, sur fond de Nouvelle-Ecosse verdoyante, changent. L'une des constructions se voit même, à marée haute, devenir presque insulaire.

L'auditeur pourrait, à ce moment, se laisser amplement séduire. Intervient alors, au fil de la démonstration, l'ambassade du Canada au Bangladesh. Le duo met en œuvre de la brique... parce qu'au Bangladesh, on construit en brique…et pan ! Le nouvel édifice est aussi «un refuge contre la densité et le climat»... re-pan!

Les aventures de Bryan MacKay-Lyons et Talbot Sweetapple sur les rives du Gange relèvent, après quelque minutes, de la mauvaise enquête sinon du mauvais polar colonial… Le résultat est, à l'image, un banal bâtiment tertiaire.

La fin de l'exposé mélange différentes références de ces dits «architectes-paysans» : des écoles, des universités, des bureaux… le tout vraisemblablement propre et bien fini, mais selon des lignes que les plus grandes agences 'corporate' du Canada auraient pu largement produire. Les organisateurs du Global Award se sont bien gardé de montrer ces réalisations peu séduisantes.

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In fine, Bryan MacKay-Lyons et Talbot Sweetapple sont-ils un peu différents dans un pays où l'architecture, plutôt ennuyante, ne semble pas souvent aller au-delà de la seule efficacité économique… c'était là, peut-être, la raison de féliciter ce duo… 

Jean-Philippe Hugron

 

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