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Actualité | Combien pour cette Fondation Vuitton ? (31-05-2017)

Le coût de la Fondation Vuitton imaginée, à Paris, par Frank Gehry a toujours fait l'objet d'une étrange et suspecte rondeur : 100 millions, ni plus, ni moins. Le quotidien Marianne a révélé le véritable coût de l'opération dans son numéro du 10 mai 2017. La douloureuse s'élèverait a près de 800 millions d'euros… supportée en grande partie par le contribuable!

Culture | 75016

Frank Gehry a un prix ! Les coques en verre que l'architecte californien a imaginées au coeur du Bois de Boulogne n'auraient, aux dires des communicants, coûtées que 100 millions d'euros.

A l'heure où la moindre Philharmonie atteint et dépasse le demi-milliard, Bernard Arnault voulait sans doute faire croire à ses actionnaires à la parfaite maîtrise des dépenses du groupe. Toutefois, qu'un bâtiment aussi spectaculaire ne flirte pas avec les 500 millions pouvait paraître étonnant.

En mai 2017, l'hebdomadaire Marianne se paye le luxe de «révélations». L'article d'Emmanuel Lévy, instructif, évoque un coût de 800 millions d'euros autrement plus réaliste que la petite centaine affichée aux belles heures des premiers cocktails.

Outre ce montant, Marianne rapporte également «les comptes fantastiques» de la Fondation. L'article, ligne après ligne, défait le mythe du généreux mécène : que l’exubérante institution mondaine revienne, dans cinquante ans, à la ville ne serait, in fine, que la plus naturelle des choses.

Et pour cause: la construction de la fondation a permis au groupe LVMH de nombreux avantages fiscaux. Selon l'hebdomadaire, 80 % du montant du projet a pesé sur l’État soit plus de 610 millions d'euros. Les communicants n'étaient donc pas si éloignés de la vérité. Le gadget n'aurait coûté au groupe, après de conséquents allègements fiscaux, près de 190 millions d'euros. Le reste a indirectement été payé par la collectivité.

La privatisation de la culture voit ainsi dans le vaniteux édifice de la Fondation Vuitton sa plus belle démonstration. Marianne évoque d'ailleurs d'autres affaires du même genre pour illustrer combien les «mécènes» veulent «le beurre et l'argent du beurre».

Interrogée dans le cadre de cette «affaire», Aurélie Filippetti expose un exemple : «Quoi que l'on pense des œuvres d'Adel Abdessemed, chacun sait que le milliardaire François Pinault le soutient et a acquis beaucoup de ses œuvres. Or, c'est ce même François Pinault qui a financé par un don de 700.000 euros l'organisation d'une exposition sur Adel Abdessemed à Pompidou, dont le but était de pousser la cote de l'artiste». L'homme d'affaires, d'un côté, tire des avantages fiscaux, de l'autre, valorise ses collections. 

En attendant, le contribuable pourra bientôt s'émerveiller d'une nouvelle fondation Pinault dans l'ancienne Bourse du Commerce et d'un centre d'art sur l'Ile Seguin commandé par le Groupe Emerige... De la culture de l'argent.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Rudy | 01-07-2017 à 12:46:00

Serait-ce possible d'avoir les sources? ça parait un peu gros quand même...

diogène21 | architecte | Suisse | 01-06-2017 à 10:05:00

On devrait aussi comparer (notamment en indexant les coûts) cette débauche d'acier avec le less-is-more que représente la Tour Eiffel et se demander si dans cent ans Boulogne aura autant d'attrait que le champ de Mars!

messire | 01-06-2017 à 08:37:00

n'oublions pas la modification à la hussarde du PLU parisien pour permettre a Pinault de faire son oeuvre....Je parie ma chemise que dans 20 ans le projet en état de déliquescence ( il faudra reprendre toute la façade en verre et faire une réhab à 200 millions) sera rétrocédé à la ville, pardon le grand Paris qui aura une danseuse de plus à nourir. Pour avoir une idée de l'état du bâtiment; voir le pavillon extérieur de Gehry au chateau La Coste à Aix en Provence: crade, impossible à nettoyer...

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