tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Présentation | Pour nAOM, «la tour sera toujours la tour Montparnasse» (20-09-2017)

La Nouvelle AOM (Franklin Azzi / Chartier Dalix / Hardel-Le Bihan) défend pour la restructuration de la tour Montparnasse un projet «respectueux» de son parti d'origine. Pour preuve, le nom de ce groupement d'agence est un écho à ces prestigieux concepteurs réunis autrefois au sein de l'Agence pour l'Opération Maine-Montparnasse… AOM.   

Montparnasse | Tours et gratte-ciel | 75006

«Notre projet va permettre aux usages de renaître, selon la volonté du projet d'origine», affirment les architectes de la nAOM. Désigné lauréat de la consultation internationale pour la restructuration de l'ensemble immobilier Tour Maine-Montparnasse, ce groupement promet l'évolution audacieuse du gratte-ciel sans pour autant dénaturer sa silhouette. «Nous pouvons comparer la tour achevée en 1973 par l'AOM, à un modèle du XX siècle à faire aboutir», disent-ils.

Ce respect à l'égard des plans initiaux est certes motivé par l'intérêt qu'a pu éveiller la conception d'origine auprès de ces jeunes architectes. Toutefois des considérations autrement plus pratiques voire économiques ont pesé dans ce choix. Aucun projet, lors du concours, sauf exception, ne s'est réellement émancipé de la forme originelle.

«Notre proposition inclut une livraison de la nouvelle Tour Montparnasse en 2023, pour accompagner entre autres événements, les Jeux Olympiques. Cet objectif est intégré dans notre approche tant technique que réglementaire, avec comme corollaire la dispense de déclaration de projet, procédure incompatible avec ce calendrier. Nous proposons donc un projet architectural ambitieux mais conforme au PLU en vigueur», précisent-ils.

02(@NAOM).JPGLa Tour Montparnasse, contrairement à bon nombre d'IGH tertiaire, est une copropriété. Qui plus est, au coeur de Paris, face à l'une des gares les plus fréquentées. Autant dire que l'utopie pouvait être facilement contrariée. Se conformer au plan local d'urbanisme était un moindre mal.

Plus encore, nAOM semble s'ancrer dans une réalité économique. Leur parti architectural en témoigne largement. «Nous prévoyons d'apporter une plus-value d'usage et de fonctionnement à tous les espaces de la tour», assurent-ils.

10.000 m² supplémentaires seront créés par le seul prolongement des nez de plancher nécessaire à la pose des nouveaux blocs de façade. La rentabilité de l'opération exigeait aussi quelques judicieuses stratégies. Il s'agissait notamment de rendre désirables les étages bas de la tour. Du R+3 au R+13 tous les niveaux seront ainsi dotés de loggias. Les architectes peuvent s'amuser de références, affirmer que l'immeuble «dialoguera» mieux encore avec «la nappe haussamanienne»… il s'agissait bel et bien en épaississant la base de la tour d'offrir outre des m² supplémentaires, des qualités inédites que les étages supérieurs ne proposeront pas.

La vocation commerciale de la tour est aussi accentuée. Le gratte-ciel accueillera un hôtel du 42e au 45e étage. Les surfaces publiques seront doublées du 56 au 59e étage. Des espaces «modulables et polyvalents» y seront proposés. L'observatoire panoramique, aujourd'hui aux allures d'héliport, se réduira à une promenade ceinturant 1605 m² de boutiques, cafés et bars.

La grande serre qui surplombe cette composition se veut «un espace grandiose, une boîte à outils programmatique et écologique. La grande serre sera un lieu à couper le souffle, vertigineux, 100 % autonome en énergie et en eau». Cette verrière de 18 mètres de haut sera, bien évidemment, le support d'une «production agricole» que d'aucuns pourront consommer cuisinée au restaurant panoramique.

Dans cette «nouvelle anatomie programmatique» défendue par la nAOM, deux lobbies sont créés aux R+2 et R+28 et un jardin suspendu au R+14. Ces espaces généreux sont rendus en grande partie possible par l'optimisation des locaux techniques, laquelle dégage plus de 4000 m².

Les surfaces de bureaux sont, quant à elles, pensées selon un «principe de mutabilité des espaces à court, moyen et long terme. Nous souhaitons faciliter leur évolutivité», indiquent les architectes. De surcroît, du R+16 au R+55, les façades seront libérées de manière à pouvoir offrir une vue toute hauteur. «Des loggias aux quatre angles permettront aux usagers de profiter d'espace de travail originaux», ajoutent-ils.

03(@NAOM)_B.JPGCes ouvertures plus larges sur la ville changeront de fait la physionomie de la tour. «Ce sont de grands cadres vitrés qui avancent et reculent, pour faire visuellement entrer la façade en vibration. Tels des écailles, les blocs varient en épaisseur et accrochent différemment la lumière. Cette variation s’atténue progressivement dans la hauteur pour élancer la silhouette et changer l'image du monolithe», soulignent-ils.

Certains pourront justement regretter la teinte sombre de ce «monolithe» convoquant l'esthétique de 2001 Odyssée de l'espace. «80 % des vitrages de l'ancienne façade seront découpés et réemployés pour habiller les faces verticales du noyau central. En intégrant l'ancienne enveloppe à l'architecture intérieure, nous rendons hommage à la façade d'origine», répondent les architectes.

Ce réemploi sera vraisemblablement plus poussé encore. Bellastock, expert en la matière, a même été missionné à cette occasion. L'ambition est pour l'association de créer une ligne de mobilier à partir des déchets/ressources de la déconstruction et d'élaborer un catalogue des éléments réemployables, lesquels seront revendus «à très bas prix».

Tout semble ainsi avoir été finement étudié pour rendre plausible ce vaste projet. A voir maintenant si l'échéance olympique sera suffisante pour réaliser dans son intégralité une transformation aussi ambitieuse…

Jean-Philippe Hugron

Réactions

messire | ARA | 21-09-2017 à 09:42:00

Tout l'élancement est perdu par l'epaississement du socle, la verrière bobo du dernier niveau et sa serre pipeau qui sera blindée de condensation ou alors climatisée a mort pour quelques centaines de m2 "verts". Contrairement à ce qu'en pense la mairie, les habitants du quartier aiment bien la tour et son rapport au sol posé simplement, ce sont les immondes bâtiments alentours qui sont le problème. L'épaississement du socle va réduire l'espace public de chaque coté et la ou il aurait fallu traiter une façade lisse et simple en liaison directe avec le piéton, on trouve désormais une structure répétitive quadrillée ( c'est la mode partout, en logement et en bureaux dans toutes les zacs de france et navarre).. on sauve les meubles en mettant de la verdure sur le soubassement et dans l'attique pour faire écolo..

Réagir à l'article


tos2016
elzinc

Album-photos |Villefranche-sur-Mer : CAB à bonne école

«Ce projet est un hold-up sur le paysage», affirme Bita Azimi, associée de l’agence niçoise CAB. A quelques pas de la Citadelle Saint-Elme de Villefranche-sur-Mer (06), la nouvelle école maternelle livrée...[Lire la suite]

elzinc novembre

Notice |Casa MO par Gonzalo Mardones Viviani

Gonzalo Mardones Viviani aime à citer son maitre Alberto Cruz Covarrubias pour qui, un architecture sans idée relèverait simplement de la construction. «Il est à mon sens l’architecte le plus profond de la...[Lire la suite]


elzinc

Livre |L'architecture 'invisible' de Bernard Zehrfuss

Bernard Zehrfuss, Fitzcarraldo de Fourvière ? En s’appropriant les pentes de la colline sur laquelle, autrefois, se développaient les gradins de l’amphithéâtre de Lugdunum et en y logeant le musée...[Lire la suite]

elzinc

Visite |Keramis et les cinq mousquetaires

Un bâtiment en peau de girafe. La proposition est étonnante d’autant plus qu’elle revêt le musée de la céramique de La Louvière. Sans doute faut-il y voir une allusion aux craquelures du...[Lire la suite]

elzinc

Album-photos |A Santiago, Teodoro Fernández et l'urgence de la légèreté

Pour abriter les nouveaux locaux du Bureau National d’Urgence du Ministère de l’Intérieur chilien (ONEMI), Teodoro Fernández, architecte, a conçu à partir d’une situation existante un ensemble...[Lire la suite]

elzinc

Présentation |Ca plane pour SOM !

«890 millions de dollars» pour un édifice «culturellement significatif». Le magazine anglophone Sourceable, spécialiste des questions industrielles, ne tarit pas d'éloges quant au nouvel aéroport...[Lire la suite]