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Edito | Agora, une actualité... dix-neuvièmiste ?! (27-09-2017)

Agora présentée du 14 au 24 septembre 2017 à Bordeaux sur le thème des 'paysages métropolitains' voulait assurer l'actualité. En fait, l'événement réveille, bien malgré lui, de curieux souvenirs… sans doute la faute à l'éternel retour du même… n'est-ce pas, après tout, une biennale ?

Agora | France

«Paysages métropolitains»...l'adjectif «métropolitains» donne une actualité au mot «paysages» davantage suranné selon la discipline qui l'invoque. En art plastique, notamment.

Pour se faire, nombre de photographies alignent les vues : des espaces de «seconde zone» livrés à la nature ou bien à la main régulatrice de l'homme. Il y a, dans ces représentations, une part de romantisme.

Autant que ne l'évoque d'ailleurs la ruine – la ruine moderne – celle de deux villes géorgiennes photographiées, filmées et abondamment documentées. Elles sont présentées à la Station Ausone-Mollat jusqu'au 15 octobre 2017 et interrogent par leur présence : quand le voyage à Rome faisait les belles heures de «ruinistes» en vue et d'architectes improvisés archéologues, le voyage en Géorgie semble raviver cette vielle lubie...

A l'étage du Hangar 14, centre névralgique d'Agora, deux salles bricolées livrent deux visions distinctes du paysage. La première présente cinq films d'Ila Bêka et Louise Lemoine retraçant avec humour – nombreux sont ceux qui y notent du cynisme – l'influence du paysage sur le comportement humain.
La seconde illustre à travers la caméra de Christian Barani l'influence de l'homme sur le paysage. Plusieurs écrans diffusent de longues heures d'images.

Ces deux propositions se veulent, chacune à leur façon, «immersives» et donnent l'impression de ressusciter les si populaires panoramas du XIXe siècle qui n'avaient d'autres prétentions que de transposer un observateur au coeur d'une scène magnifiquement reproduite. Nostalgie...

03(@Canalcom)_S.JPGVoulez-vous devenir propriétaire ?

Il faut avouer que l'exercice de la «Biennale d'architecture» relève de l'effet de mode que des villes tentent de s'approprier en vain… Bordeaux a toutefois le bon goût d'avoir précédé Caen, Lyon et bientôt Paris… mais aussi de contenir son événement sur quelques jours seulement. Aussi, la fragilité de quelques «installations» peut être imputée à leur très éphémère existence.

Plus que de sentir un manque de moyen, le plus regrettable reste cependant de lire grossièrement le financement de l'opération. Malgré d'intéressantes initiatives, le rez-de-chaussée du Hangar 14 ressemble à Mipim régional camouflé sous une forêt d'arbres savamment mis en scène par Bas Smets, paysagiste et commissaire d'exposition.

Cette accumulation de maquettes publicitaires livre aux visiteurs l'actualité architecturale (ou immobilière) de Bordeaux. Elle se voit accompagnée de cartels avec, inscrits, en gros, en gras et en lettres capitales, le nom du projet et celui de son promoteur. L'architecte, quant à lui, ne mérite qu'une ligne, mince, en petits caractères, noyé en bas d'une fiche technique… Une situation dommageable pour une biennale...d'architecture.

Idem pour l'installation d'un prototype à l'échelle 1 d'un «espace capable», concept «architectural» où l'occupant d'un logement – plutôt son acquéreur – réalise et finance l'ensemble des travaux de finitions lui-même. Pourquoi pas. Sauf qu'une publicité en boucle répète toutes les 1minute32 un lancinant : «voulez-vous devenir propriétaire ?». Le projet très vite prend des airs de boîte de lessive.

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Ces travers qui pourraient froisser plus d'un architecte ne contrarient aucunement le plaisir de parcourir Bordeaux d'une exposition à l'autre. Les films d'Ila Bêka et Louise Lemoine réjouissent autant que ceux offerts par Christian Barani. Les villes géorgiennes fascinent. Les paysages d'Hyderabad étonnent (et ils ont été le beau prétexte pour découvrir la galerie créée par RCR, lauréat du Prix Pritzker en 2017 et Artotec, rue Marengo à Bordeaux, une pépite). Arc-en-Rêve s'illustre merveilleusement à son habitude… bref, Agora 2017, loin des jargonneuses biennales a tenu bien des promesses.

 

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