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Actualité | La France, à Venise...Encore Heureux ! (04-10-2017)

Pour la XVIe biennale d'architecture de Venise, l'Institut français en charge de la programmation du Pavillon Français a retenu l'équipe dirigée par Encore Heureux pour superviser le commissariat de l'exposition qui sera présentée du 26 mai au 25 novembre 2018. Une réponse dans les clous ?

Biennale d'Architecture de Venise | France | Encore Heureux

Les contours de la prochaine biennale d'architecture de Venise se dessinent progressivement. Son thème ? «Freespace». Les commissaires irlandaises, Yvonne Farrell et Shelley McNamara interrogent une notion étrange appelant «la générosité» et «la prévenance». Les deux architectes aiment à citer un proverbe hérité de l'antiquité grecque : «une société ne grandit que si ses Anciens plantent des arbres tout en sachant pertinemment qu'ils ne s’assiéront jamais sous leur ombre».

Freespace est littéralement interprété par l'équipe française menée par l'agence d'architecture Encore Heureux, lauréate de l'appel à projet. Elle propose ainsi pour intitulé «Lieux Infinis». Il s'agirait, sous ce titre, de présenter des constructions nouvelles capables «d'accueillir l’imprévu, d'offrir des zones de gratuité, d'intégrer des usages non-programmés, de permettre l’appropriation citoyenne, de miser sur l’énergie collective, de désirer la mise en commun… ». A voir.

La proposition sera d'autant plus attendue et appréciable que la société manque cruellement de spontanéité ; elle n'autorise guère l'imprévu qu'elle associe, trop souvent, dans son délire normatif, à l'accident. 

Par delà, l'occasion était trop belle pour renoncer à un effet de communication. L'institutionnel «permis de faire» sera au coeur du Pavillon Français… La notion est ambiguë et l'architecture semble bel et bien sous liberté conditionnelle !

Avec ou sans bracelet électronique, d'autres propositions s'esquissent pour la Biennale de Venise. L'Allemagne qui s'était illustrée par la destruction imprévue des murs de son pavillon façon IIIe Reich semble vouloir rééditer l'exploit avec une proposition intitulée «Unbuilding Walls»… L'amour des murs ! Tangibles, invisibles, symboliques, réels… 

Selon les commissaires allemands, les architectes de l'agence GRAFT et Marianne Birthler, femme politique, membre des Verts et spécialiste de l'ex-RDA, l'exposition se concentrera sur «les effets de la division et les processus de cicatrisation en tant que phénomène spatial dynamique […] L'accent sera mis sur des exemples exceptionnels de conception urbaine et architecturale traitant des aspects de la division et de l'intégration. Le mur séparant l'Allemagne, dont l'existence et la déconstruction sont devenues un symbole de l'échec du dialogue sera un point de départ et servira d'arrière-plan à la démonstration».

L'accent promet d'être également politique pour le Pavillon Britannique. Adam Caruso, Peter St. John et Marcus Taylor en ont été désigné les commissaires. Leur projet intitulé «Island» promet d'ouvrir le Pavillon sur le jardin, d'en faire un «espace public» sinon un lieu de rencontre. Ils citent volontiers La Tempête de Shakeaspeare : «Soyez sans crainte, cette île est pleine de rumeurs, de bruits, d’airs mélodieux qui charment sans nuire». De quoi dénoncer le Brexit.

RCR, lauréat du Prix Pritzker en 2017, s'est vu confier la réalisation du pavillon… catalan. Le symbole pourrait-il être, lui aussi, politique au lendemain d'un référendum contesté ?

Le Pavillon Belge ne fera pas exception dans ce concert international. Le projet Eurotopie, sélectionné pour l'édition 2018 de la Biennale de Venise, «abordera de grands défis et enjeux rencontrés par l’Union européenne au travers de l’analyse de son principal ancrage territorial, physique et symbolique à Bruxelles. Le pavillon proposera de recréer un espace de discussion, de débat et d’engagement qui semble faire défaut dans le quartier européen», explique ses jeunes commissaires :  Roxane Le Grelle, Léone Drapeaud, Manuel León Fanjul et Johnny Leya.

Le Pavillon Américain invoquera, lui aussi, selon un angle politique, les «Dimensions de la Citoyenneté», l'Estonien touchera du doigt le «Monument faible». 

Les Pays-Bas, quant à eux, ont convoqué l'équipe ayant porté l'obscure Triennale d'Oslo en 2016. Le thème se résume en trois mots : travail, corps, loisir. L'enjeu est cette fois-ci d'initier une réflexion internationale sur les nouveaux modes de travail. De leur côté, Canada et Australie promettent une réflexion sur l'environnement….et la durabilité.

Plantes, algues et nouveaux modes tertiaires ne permettront pas d'oublier la portée éminemment politique promise par la prochaine biennale d'architecture de Venise, bien plus encore que ne pouvaient l'être les Nouvelles du Front...restées parfois légères.

Jean-Philippe Hugron

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