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Présentation | Combas contre la violence (04-10-2017)

Les vertus apaisantes de l'architecture ? Une couleur, une forme, une orientation pourraient influer sur le comportement… l'empirisme est, en la matière, de mise autant, sans doute, que la sensibilité. Combas fait alors montre de son humanité pour l'exécution,à Marseille, d'un programme difficile : «un centre éducatif fermé».  

Education | Justice | Pierre | Marseille | Atelier Combas

Marseille, les quartiers nord. Des tours, des barres. Une série de clichés. Dans une géographie surplombant la mer, une parcelle maraîchère attendait d'être urbanisée. A l'ombre d'un grand ensemble, le site est propriété de la direction régionale de la protection de la jeunesse. L'ambition était d'y construire un centre éducatif fermé.

«Bien des éducateurs ont regretté au moment du concours la situation urbaine de ce centre. Sa position en ville pouvait être source d'interférences et ce d'autant plus qu'un autre équipement similaire existe à proximité», indique Mathieu Grenier, associé de l'agence niçoise Combas.

Une implantation plus champêtre relevait toutefois de la plus folle utopie. La plupart des maires refusent en effet la construction d'établissements qu'ils assimilent volontiers à une prison pour adolescent.

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Le projet confié à Combas représentait donc un défi. Il s'agissait outre d'affirmer la vocation pédagogique du centre, de rendre un tant soit peu désirable son architecture. Désirable du moins pour ses riverains. Supportables pour ses occupants.

«Ce sont des programmes qui appellent généralement la réalisation d'univers confinés et clos. Nous avons pris le parti inverse. Nous avons proposé un édifice qui, sur la longueur, s'ouvre sur le paysage. Nous voulions également que la clôture disparaisse pour affirmer ce rapport à la vue», explique l'architecte. «Ce n'est pas une prison», répète-t-il à l'envi.

En effet, plus ou moins libres, les jeunes placés dans ce centre, âgés de14 à 18 ans, jouent leur responsabilité s'ils décidaient toutefois de s'en échapper. «Ces centres sont l'ultime étape avant l'incarcération», prévient le maître d'oeuvre.

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Entre les lignes d'un programme technique, Combas a donc deviné une «question cachée» exigeant une «réponse sensible». «Nous devons gérer des situations de détresse mais aussi des accès d’extrême violence. Ce centre devait être doux et tendre mais aussi robuste», souligne Mathieu Grenier. «Sécurité» et «Sérénité» se sont faits les maîtres mots ; «lumière» et «matériaux», les outils adéquats.

Cependant, avant de jouer des matières et des orientations, il fallait imaginer un plan simple. Il en allait du fonctionnement du centre mais aussi du bien-être des uns et des autres. «Il fallait assurer la meilleure visibilité aux éducateurs», rappelle Mathieu Grenier. Deux L «s'embrassent» en tout simplicité. Deux patios ouverts sur l'extérieur viennent aussi ponctuer l'ensemble.

Combas invoque avec appétence Luis Barragán en assurant avoir voulu «creuser l'intérieur pour projeter l'usager vers l'horizon». L'ensemble comprend 13 chambres, une salle de travaux pédagogiques, une salle de classe, une salle informatique, un dojo et des locaux administratifs. In fine le centre accueille plus d'éducateurs que de pensionnaires...

04(@JavierCallejas)_B.jpgPierre à l'édifice

La matérialité du projet peut surprendre. Du béton brut, certes, mais aussi...de la pierre !  «Nous voulions donner la plus grande pérennité au centre. Nous sommes également attachés à l'énergie grise», précise l'architecte.

A proximité, les tours de logements sociaux étaient, après tout, elles aussi, en pierre… Pouillon et ses émules ont marqué Marseille. Pourquoi alors ne pas suivre ce mouvement ? «Ce choix a séduit la maîtrise d'ouvrage. Nos concurrents, lors du concours, proposaient des vêtures métalliques qui laissaient craindre aux usagers un vieillissement prématuré de la construction», indique-t-il.

Extraite d'une carrière située à proximité d'Apt dans le Vaucluse, la pierre d'estaillades, en plus d'être un choix pertinent quant à la solidité de l'équipement, appelait aussi une certaine noblesse ; «Depuis huit mois que les jeunes occupent ce centre, jamais il n'a été tagué comme a pu l'être son voisin. La pierre inspire vraisemblablement un tant soit peu de respect», se félicite-t-il.

05(@JavierCallejas)_B.jpgLa volumétrie du projet était quant à elle contrainte. Les toits à double pente étaient même imposés… non pas par un plan local d'urbanisme traditionaliste mais par des normes de sécurité. Il fallait en réalité que les hauteurs ne soient pas praticables. «Nous avons alors retourné la pierre en toiture. Ce dispositif, en plus de réinterpréter l'imaginaire de maisons cévenoles, nous paraissait intéressant pour des raisons thermiques».

In fine, Combas a su détourner les exigences sécuritaires d'un programme difficile pour donner corps à une construction aussi pertinente qu'élégante. A voir maintenant si ces douces attentions humanistes produisent, sur le long terme, leurs effets...

Jean-Philippe Hugron

Documents techniques

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Plan
Crédit : COMBAS
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Coupe
Crédit : COMBAS
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Fiche technique

Programme: Centre Éducatif Fermé, 14 chambres et Demi pension
Maîtrise d’ouvrage Délégué: Ministère de La Justice, DIRPJJ Sud-Est
Maîtrise d’oeuvre: Atelier COMBAS Architectes Mandataires / Éric Grenier Architecte Associé
Calendrier: Concours : Octobre 2013 / Études: Janvier 2014 / PC: Juillet 2015 / Travaux: Octobre 2015 / Réception: Avril 2017
Adresse: 9, Impasse Saint Sylvestre, 13011 Marseille
Surfaces: Surface Utile: 945m² / Surfce Extérieurs: 2450m²
Coût de construction : 2 280 000 €HT

Réactions

COMBAS | Architectes | PACA | 09-10-2017 à 09:37:00

Sans un oublier un grand merci à notre maçon préfèré : Mario MORETTI, sans qui ce projet n'aurait pas toute cette âme dans la pose de la pierre, la qualité des bétons.

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