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Visite | L'agence HELLIN-SEBBAG, à l'école du plan (21-02-2018)

Le quartier de la Mosson n’est, à Montpellier, pas le plus séduisant. La ville se délite sur ses marges et ponctue le paysage de grands ensembles. Depuis quelques années, les vides se comblent – les archives départementales conçues par Zaha Hadid furent un événement – et l’existant, dans un mouvement de rénovation urbaine, se transforme radicalement. L’agence HELLIN-SEBBAG  livre, dans ce contexte, la complexe métamorphose d’un lycée technique. 

Education | Montpellier | Hellin-Sebbag architectes associés

D’un triste parking situé en périphérie de Montpellier, émergent les étranges volumes imaginés par Zaha Hadid que des ombres viennent intensément souligner. Pierres vives, sous un soleil d’hiver, reste un événement plastique remarquable.

Cette présence autrefois singulière dans un désert architectural vient désormais se frotter à d’autres constructions. Rivales, quelques émergences contemporaines semblent, dans un étrange élan fait de volumes massifs, de bardages à trou et de fantaisies en tout genre, lancer une curieuse compétition. M’as-tu vu ? Oui, et de trop !

Dans ce contexte, en contre-bas, un modeste lycée signale sa présence ; léger, un large auvent perchée sur de longues échasses de métal indique l’équipement scolaire.

En ce vendredi de janvier, aucun adolescent ne vient animer de son activité la place. Le parvis est étonnamment désert. Les élèves sont sans doute déjà partis en week-end. Seul un long défilé de fidèles traverse en silence les lieux pour se rendre à la mosquée voisine, invisible à l’horizon…

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Dans un environnement où les uns se montrent et les autres se cachent, ce lycée rappelle qu’il existe un équilibre, une justesse. «Nous n’allions pas rivaliser avec Zaha Hadid mais sachant que nous devions travailler un équipement scolaire, nous devions nous affirmer et marquer l’espace public. Un seul élément ne suit pas l’orthogonalité du site : la façade côté rue que nous avons volontairement dessinée courbe en suivant les limites de la parcelle», explique Brigitte Hellin.

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Avant même d’exposer ces raisons plastiques, l’architecte aligne les contraintes : la rénovation d’un lycée, la démolition d’un ensemble daté et inadapté, un projet phasé...bref un entrelacs de difficultés. Cerise sur le gâteau : «le tout en site occupé !»

«Nous devions faire la critique de la situation existante. Les logements de fonction donnaient sur la rue et assuraient ‘l’image’ du lycée… Le site était, par delà, encombré de constructions basses dont un bâtiment d’administration qui occupait le cœur de la parcelle. Il n’y avait aucune entrée digne de ce son, encore moins de réelle organisation», explique l’architecte.

Le lycée paraissait donc être une accumulation plus ou moins spontanée de constructions disparates. «Si nous avons conservé l’orthogonalité induite par le site nous avons pris le parti de démolir l’ensemble selon plusieurs phases en débutant par les logements et l’administration», poursuit-elle.

A la place, un bâtiment d’accueil a été construit et un vide central consenti. La première phase est livrée en 2014. Depuis, elle n’a pas vieillie : ni coulure, ni salissure. Pas même un graffiti ! Voilà donc une architecture qui inspire le respect de ses usagers.

Au centre, un vide. Une cour de récréation ? «Une cour plantée», répond Brigitte Hellin. Une pelouse «rustique», quelques talus et des arbres offrent un cadre bucolique inattendu au cœur d’un lycée technique. «Nous voulions proposer un square plus qu’une place», souligne l’architecte. La manière de rompre avec l’ennuyant aplat de bitume est judicieuse.

02()_B.jpgAutour de la cour plantée , différents bâtiments ont été livrés en septembre 2017. Des classes, un internat, une cantine, un foyer et un CDI sur pilotis. Escalier, couloirs et passerelles démultiplient les accès. Le plan est finement étudié. Il n’y a ni coins ni recoins. Pour autant, sans céder à la lubie panoptique, HELLIN-SEBBAG propose une variété d’espaces et de parcours. «Autrefois, tous les espaces extérieurs semblaient être résiduels. Désormais, ils sont tous nommés et affectés», se félicite l’architecte.

A l’intérieur, HELLIN-SEBBAG s’offre le luxe de cadrages et de perspectives. Certains couloirs, par endroit vitrés, offrent des vues en surplomb sur l’entrée ou encore sur une belle salle d’exposition, côté rue, offerte aux élèves pour présenter leurs travaux.

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Dans ce concert de surprises, la matérialité du projet est peut-être adaptée à une lumière méridionale trop crue et trop étrangère à des yeux parisiens qui n’y voit qu’un gris trop familier. Les touches de rouge sonnent, quant à elle, comme la signature de l’agence. Un réflexe aux allures de gimmick.

«Le gris est moins éblouissant que le blanc pur dans la lumière intense de l'aire méditerranéenne. Il est aussi moins salissant et il s’harmonise parfaitement avec le métal déployé en aluminium anodisé. Le rouge, quant à lui, joue, dans une économie de moyen, son rôle de signal», répond Brigitte Hellin.

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La force du projet réside avant tout dans la richesse de son plan qui s’affirme sans exubérance et selon une rigueur orthonormée. Le crayon est certes guidé par la règle mais si HELLIN-SEBBAG offre une architecture de l’angle droit, l’agence sait enthousiasmer par une surprenante variété d’espaces.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique
Adresse du projet : Rue du Professeur Blayac, 34080 MONTPELLIER
Maitre d’ouvrage : Région Occitanie
Maitrise d’oeuvre : HELLIN-SEBBAG, ARCHITECTES ASSOCIÉS  (Paris- Montpellier), mandataire
TPFI Ingénierie: économiste, Structure et Fluides
Montant du projet : 29,5 M€HT
Chantier en site occupé / 2 tranches de travaux réalisées sur huit années.

Documents techniques :

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