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Actualité | Pritzker Prize : retour vers... le passé? (07-03-2018)

En couronnant, ce mercredi 7 mars 2018, du Pritzker Prize Balkrishna Doshi, la Fondation Hyatt prend une nouvelle fois le parti de saluer une oeuvre plus que d'encourager une pratique... faute d'imagination?

Pritzker | Inde | Balkrishna Doshi

Balkrishna Doshi, 90 ans, est au même titre que Frei Otto en 2015, récompensé tardivement pour l'accomplissement d'une oeuvre majeure et influente. 

La Fondation Hyatt répare ainsi une omission mais assure également un geste diplomatique à l’égard de l'Inde qui, méconnue, est souvent déconsidérée. Il en allait de même, en 2012, avec Wang Shu et la Chine. L'Afrique, quant à elle, attendra encore un peu son Pritzker.

Si Balkrishna Doshi est un architecte célèbre, la surprise de son Pritzker n'en demeure pas moins grande. Il n'a, de surcroît, jamais été du sérail international, de ces stars et proto-divas qui, de biennales en concours internationaux, se partagent les plus prestigieuses commandes. Il est davantage cette figure discrète, lauréat du prix Aga Khan et du Global Award.

Il est aussi membre du jury du Pritzker Prize de 2005 à 2009... Balkrishna Doshi pouvait donc paraître suffisamment introduit pour être le 45e récipiendaire du célèbre prix.

Il est toutefois cet architecte indien qui répond à toutes les attentes de la prestigieuse distinction : il mêle, dans son travail, tradition et modernité, imagine des logements à bas coût, développe une approche environnementale fondée sur l'évidence et le bon sens… et sa pratique, au même titre que RCR Arquitectes (salués l'an passé) est régionale… sauf que l'Inde n'est pas la Catalogne et de région il n'y a, en fait, qu'un ‘sous-continent’ ambitieux et généreux d'opportunités.

02()_B.jpgRécompenser Balkrishna Doshi est – surtout ? – la meilleure façon de participer à un mouvement international initié il y a plusieurs années maintenant et encouragé, il y a quatre ans, par Rem Koolhaas lors d'une Biennale vénitienne consacrée au modernisme.

La commémoration du cinquantenaire de la disparition de Le Corbusier en 2015, l'inscription de son œuvre, après plusieurs échecs, au patrimoine mondial de l’Unesco en 2016 et la célébration récente du brutalisme architectural... sont autant d'événements qui assurent l'arrière plan d'un choix éminemment circonstancié. La modernité est, plus que jamais, réclamée.

Balkrishna Doshi est aussi une référence dont l'oeuvre peut être aujourd’hui, au même titre que celle de Raj Rewal, menacée (la récente démolition des pyramides de la foire de Delhi en témoigne amplement). 

Il est aussi un maître pour la jeune génération indienne qui s’en réclame volontiers à l’instar de Bijoy Jain, fondateur de Studio Mumbai.

03()_B.jpgBalkrishna Doshi est enfin l'élève de Le Corbusier (son «gourou» à qui il dédie son Prix) et le collaborateur invétéré de Louis Kahn. Il incarne ainsi la survivance du modernisme mais aussi sa vivacité et sa transmission. Il est à lui seul, tout un symbole! 

Un symbole… d’un autre âge.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Jean luc | 31-05-2018 à 00:27:00

Un symbole n’a pas d’age!!!

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