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Visite | Parreira, à la porte ! (03-05-2018)

A la porte ? A la porte de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine ! AAVP (Atelier d’Architecture Vincent Parreira) livre la nouvelle entrée du célèbre musée sis place du Trocadéro. Ce réaménagement subtil et délicat tente de raviver l’esprit du lieu.

Culture | France | AAVP Architecture

Un palais mauresque… puis un palais classique. Chaillot a vécu de nombreuses transformations. En 2007, l’aile Paris accueillait la toute nouvelle Cité de l’Architecture et du Patrimoine née de la réunion de l’IFA, de l’école de Chaillot et du Musée des Monuments français.

Jean-François Bodin avait pour l’occasion transformé l’adresse poussiéreuse en la rehaussant, dans ces circulations, d’un rose bonbon qui pique, aujourd’hui encore, un peu trop les yeux...

Outre des effets de couleurs, l’architecte avait pris le parti de révéler des éléments de la structure d’origine dont des poutres de métal mais aussi de lourdes et pompeuses colonnes de pierre camouflées dès 1937 par Carlu, Boileau et Azéma.

Cadavre exquis, le Palais de Chaillot livre une perspective de moulages romans et gothiques ; huit pataudes colonnes ne pouvaient dans cet heureux mélange heurter le regard outre mesure.

Le hall, particulièrement généreux, ne semblait satisfaire ni les tenants du lieu ni ses usagers. Au fond, la cafétéria dans son immense volume réduisait presque les visiteurs à une figure microscopique qu’un dessin de Sempé aurait superbement magnifié.

Toutefois cette grandeur, aussi belle soit-elle, n’était pas gage de rentabilité ; l’espace monumental a été scindé en deux et sa partie la plus «commerciale», face Tour Eiffel, est désormais offerte – moyennant loyer – à un luxueux restaurant. La belle affaire !

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Dans ces circonstances, il s’agissait de revoir l’aménagement du hall d’accueil de la Cité et, par voie de conséquence, de la future table gastronomique. Vincent Parreira, désigné lauréat d’un concours en 2015, a fait de cet exercice une démonstration.

Pour ce faire, l’architecte plonge sa réflexion dans un imaginaire art-déco. Logique.
Au delà, il puise dans ces temps révolus l’amour du détail et, plus encore, de l’oeuvre d’art, du moins, de l’oeuvre d’artisan.

De fait, plus qu’architecte, Vincent Parreira se fait ensemblier. Il dessine «entre quatre murs et huit colonnes», une nouvelle borne d’accueil, ronde, aussi ronde que l’oculus qui, autrefois, marquait l’escalier monumental menant à la bibliothèque et que la Cité ne désespère pas, un jour, de restituer.

L’architecte dessine aussi des cadres pour magnifier des fresques laissées jusqu’alors dans une triste pénombre. Il imagine également quatre panneaux d’informations… aux allures de triptyque sinon de miroir pour «coiffeuse».

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«Je voulais, pour ce projet, revenir au coeur du compagnonnage, retrouver cette activité besogneuse et voir la main de l’homme», affirme Vincent Parreira. De fait, le tout est doré à la main, à la feuille d’or… «mais à la feuille d’or du pauvre : 80 % de cuivre, 20 % de zinc», précise l’architecte.

«Ce travail est délicat. En deux heures de temps, à peine un m² est réalisé», souligne-t-il. Le labeur et l’agent du labeur.

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Le tout s’organise selon un schéma rigoureux et symétrique. «Nous voulions redessiner une géométrie qui a, autrefois, existé», précise l’architecte. Voilà donc l’ordre et la rigueur de l’architecture monumentale qui refait surface.

Le travail reste néanmoins tout en finesse ; l’intervention d’AAVP, atemporelle, souffrira ainsi vraisemblablement moins des effets modes et autres tendances qu’un rose luminescent peinturluré, de-ci, de-là…

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Merci Beaucoup | Architecte | Franche-Comté | 05-05-2018 à 23:57:00

Bonjour,
Pourriez-vous s’il vous plaît préciser en quoi il est « logique », en 2018, de « plonger sa réflexion dans un imaginaire art-déco » quand il s’agit de dessiner un restaurant ?
Merci par avance.
MB

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