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Exposition | A Versailles, ces musées oubliés (17-10-2018)

D’histoire, ce musée n’en est pas moins d’architecture. Versailles, dans son emboîtement de salles et d’antichambres, de galeries et de salons, recouvrait même, au XIXe siècle, un espace d’exposition dédié à l’art de bâtir, du moins à celui de Frédéric Nepveu, architecte. L’exposition Louis-Philippe présentée au château jusqu'au 3 février 2019 exhume l’histoire étrange d’un autre musée oublié.

Versailles

Louis-Philippard ! L’adjectif sonne presque aux oreilles comme une insulte. Dans une tentative de réhabilitation, le château de Versailles présente une imposante rétrospective aussi séduisante qu’encyclopédique. A cette occasion, il rouvre des espaces fermés au public depuis de longues décennies.

Parmi eux, les salles d’Afrique, les salles des Croisades et les salles du Consulat et de l’Empire réalisées ou restaurées lors des transformations exigées par Louis-Philippe dans l’intention de faire de Versailles un musée dédié «à toutes les gloires de la France».

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Les peintures de Gros, Girodet, Vernet ou encore Delacroix qui y sont présentées depuis presque deux siècles émerveillent le visiteur. Dans les salles restées inachevées, les équipes du château coordonnées par Valérie Bajou, conservateur en chef, ont développé une exposition didactique portant, entre autres, sur l’architecture de Versailles au temps de Louis-Philippe.

Sur les cimaises, un nom revient avec régularité : Frédéric Nepveu. L’homme, dans les méandres de la mémoire collective, semble inconnu sauf des exégètes du château. Et pour cause, Frédéric Nepveu travaillait au service des bâtiments de la couronne d’abord à Versailles puis à Fontainebleau et à Rambouillet.

Ce n’est qu’en 1832 qu’il fut nommé «architecte du château de Versailles» et que ses connaissances purent lui assurer d’être désigné par Louis-Philippe maître d’oeuvre du nouveau projet muséal.

La postérité a néanmoins oublié d’inscrire ce nom au panthéon des architectes. La chose est d’autant plus étonnante que Nepveu disposait d’une agence conséquente – 140 personnes – et bénéficiait surtout, dans les murs du château, d’un musée qu’il lui était entièrement consacré : le «Musée Nepveu».

Une plaque révèle aujourd’hui encore l’existence de cette maigre institution : «salles des plans et dessins de la conversion du Palais de Versailles en Musée historique par Mr. Nepveu». Toutefois, ses murs ne sont plus aujourd’hui occupés par la quarantaine de dessins sélectionnés par l’architecte pour illustrer son grand œuvre.

L’idée d’un musée d’architecture à Versailles était celle de l’architecte, lui-même. Louis-Philippe en fit un accueil plutôt réservé ; la réponse fut d’abord négative. Puis, le Roi des Français, convaincu de faire aussi bien que son aîné Louis XIV, imaginait faire bonne œuvre en exposant les dessins du projet de transformation. Une salle, puis trois furent dédiées entre 1843 et 1846 aux plans, coupes et élévations de Nepveu.

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«Cette exposition publique constitue un cas singulier dans l’histoire de l’architecture», soutient Emilie Biraud dans le catalogue de l’exposition. Et pour cause, les musées dédiés à l’art de bâtir tel qu’il se pratique étaient plutôt rares.

Aux yeux de l’historienne, la qualité des documents produits par Nepveu justifiaient, à l’époque, une telle initiative. Ce sont pour elle, de «véritables œuvres d’art» qui «témoignent de la formation de l’architecte versaillais auprès de Charles Percier, dont il a hérité du talent de dessinateur».

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Le château de Versailles présente aujourd’hui, comme en hommage, quelques-uns de ces beaux dessins qui témoignent tantôt du respect de Nepveu pour le passé que son appétence pour les structures nouvelles, notamment métalliques.

L’exposition Louis-Philippe se fait ainsi l’occasion d’une double découverte, celle d’un musée d’Histoire mais aussi... d'un musée d’architecture.

Jean-Philippe Hugron

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