Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Edito | Notre Dame, pour une architecture anonyme (02-05-2019)

Le lancement d’un concours d’architecture pour la reconstruction de Notre-Dame (d’autres évoquent dans une joute sémantique sa restauration) a suscité l’émotion. En plus de voir la cathédrale affublée d’un pinacle contemporain, l’ire populaire cible l’outrecuidance d’y associer le nom d’un architecte…

Notre-Dame de Paris | France

Bien des architectes se sont relayés dans les journaux ou sur les plateaux pour défendre leur vision respective. Avec une indécente convoitise, Jean-Michel Wilmotte ou encore Massimiliano Fuksas évoquaient, l’un en France, l’autre en Italie, la possibilité d’ériger une flèche de verre.

Dans ce concert inaudible de propositions fumeuses, alors même que la cathédrale était encore fumante, l’idée d’un concours a rapidement germé. Quelques heures plus tard, elle était officialisée par le gouvernement.

Qu’un architecte puisse imaginer une flèche contemporaine, voilà qui a très vite fait polémique. Qu’il puisse, en outre, associer son nom au lieu de culte, d’aucuns dénoncent un outrage.

L’architecte, ce mal aimé ? Peut-être faut-il y voir les travers d’un star-système ayant fait de patronymes, depuis quelques années, les marques utiles de commanditaires avides.

Du côté des Architectes en Chef des Monuments Historiques (ACMH), il se murmure l’ambition d’une œuvre collective. Peut-être faut-il voir, là aussi, cette défiance envers une figure solitaire travaillant à la flèche sans doute la plus célèbre au monde.

Par conséquent, beaucoup d'entre-eux espèrent, à juste titre, la mise en place d’une «grande agence» sinon d’un atelier où dix ACMH accompagnés de leurs meilleurs collaborateurs oeuvreraient collectivement à la restauration de l’édifice.

Dans ce contexte, la restitution de l’oeuvre d’Eugène Viollet-le-Duc paraît être la plus probable avec, cependant, des matériaux pouvant être différents.

Beaucoup, pour asseoir cette position, s’en retourne au fait : si la cathédrale avait été classée une première fois en 1862, un arrêté de 1914, plus complet, reconnait l’oeuvre de Viollet-le-Duc dont l’ambition n’était autre que de créer une cathédrale idéale.

Aujourd’hui, l’idéal serait de retrouver la cathédrale… mais au nom de l’anonymat !

Jean-Philippe Hugron

Réactions

messire | 03-05-2019 à 13:18:00

oh oui! avec un lauréat musulman wahabiste histoire de faire parler dans les chaumières! Plus sérieusement, il n'y a pas d'intérêt à associer un architecte avec ND qui est une oeuvre collective dont la puissance architecturale dépasse toutes les architectures individuelles

archisauvage | archi libéral | PACA | 03-05-2019 à 10:00:00

C'est vrai que face au starchistème qui étouffe la profession, il serait bon de mettre sur pied un concours sur esquisse garantissant l'anonymat le plus absolu, y compris après choix du projet. Une équipe d'archis, choisie par la suite, partirait de cette esquisse pour pondre le projet et gérer le chantier.

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 d'Elizabeth de Portzamparc

Le Musée de la Romanité de Nîmes, événement architectural et culturel contemporain, a été inauguré le 2 juin. Une monographie sur le travail d’Elizabeth de Portzamparc a été...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de 2/3/4/

La tour des Jardins de l’Arche est lauréate au BIM d’Argent 2018 dans la catégorie des projets supérieurs à 40 000 m² en neuf. 2/3/4/ urbanisme et paysage : lauréats de la mission de...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 de Pierre-Alain Dupraz

Après une riche année 2017, notamment avec les 1ers prix obtenus pour deux concours majeurs sur Genève que sont l’aménagement de la rade et la réalisation de la Cité de la musique, ce dernier en...[Lire la suite]