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Cahier Spécial - Biennale de Venise 2014

Edito | Biennale : préférence nationale ? (11-06-2014)

L’universalisme, une tradition propre à l’Hexagone ? La belle parole ! A Venise, nombre de Français demeurent entre eux et oublient peut-être de s’ouvrir aux autres. En même temps, le Pavillon français élude la question de «l’identité» posée par Rem Koolhaas. Autant d’impasses pour un non-dit.

Biennale d'Architecture de Venise | France

Les événements tricolores, lors de la Biennale, sont légions. L’AFEX présentait ses lauréats, la Fondation Wilmotte, ses poulains, le Pavillon français, l’histoire sombre du modernisme, d’autres architectes bleu-blanc-rouge sont exposés, moyennant finances, ici et là dans quelques élégants palais. Les soirées se succèdent. Madame la Ministre, entre autres, reçoit.

Ce soir-là, reclus à Santa Elena, dans ce qui fut autrefois le jardin d’un couvent, au bout du bout, loin de tous, une société triée sur le volet se livre à un brouhaha aux accents gaulois. Les soirées vénitiennes ressemblent pour ainsi dire à celles du Pavillon de l’Arsenal ou encore à la remise de l’Equerre d’Argent.

Aller à Venise, c’est comme venir voir ses confrères habituels. En guise de changement, au lieu d’un crémant bas de gamme, un prosecco un peu tiédasse.

A l’opposé, la soirée slovène, par exemple, celle dont nombreux parlaient au détour d’une 'calle' ou d’un 'rio', s’annonçait belle et bien ouverte, sans formalités, même aux natifs de l’Hexagone. Un autre monde.

Alors pourquoi s’étonner que le Conseil national de l’Ordre des Architectes, plutôt que de s’adresser urbi et orbi, utilise Venise comme tribune pour annoncer à des journalistes français ses universités d’été ?

Venise ne semble donc pas l’occasion de s’ouvrir à l’autre, cet étranger. La Biennale ne serait, au mieux que l’occasion de parfaire un carnet d’adresses. Bref, voir et être vu mais surtout ne pas sortir du cocoricocosme.

Toutefois, cette même société fermera aussi les yeux sur la question nationale.

«L’identité nationale a été, de toute évidence, sacrifiée sur l’autel de la modernité», affirme Rem Koolhaas. L’un des enjeux de la Biennale, pour les pavillons nationaux, était bel et bien d’appréhender la question de la spécificité locale.

Quelques pavillons, notamment la Pologne, ont entrepris l’effort d’y répondre. Beaucoup n’ont fait que flirter avec elle pour se retrancher sous les travers d’une historiographie du modernisme, bien souvent linéaire. Quant à l’exposition française, elle ignore complètement le sujet.

02(@LucBoegly)_S.jpgNational. Le mot est gros. Evitons-le. Pourtant, Le Corbusier ne voulait-il pas un gratte-ciel cartésien en opposition au modèle américain ? La revue L’Architecture Française, dont Michel Roux-Spitz fut un temps le rédacteur en chef, ne revendiquait-elle pas «l’héritage de la tradition française du béton armé» et «les thèses fonctionnalistes [qui] s’uniss[ai]ent aux valeurs du classicisme nationaliste» ? Deux exemples, parmi d’autres.

In fine, tant que l’inventaire restera partiel et que la question nationale sera sans cesse évitée, toutes les dérives seront possibles. Les comportements, en cercle fermés, sont, quant à eux, un triste symbole.

La rédaction

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