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Visite | Brenac & Gonzalez et la manifestation du ciel (15-10-2014)

L’agence Brenac & Gonzalez a livré à la fin de l’été 2014 une église, plus précisément une maison d’église, à savoir un espace communautaire mêlant salles d’activités et lieu de culte. Les associés ont imaginé, à Boulogne-Billancourt, ZAC du Trapèze - la plus réussie, sans doute, dans le genre - un exercice de style qui relève de la «sculpture».

French Touch | Bâtiments Publics | Cultes | Zinc | Boulogne-Billancourt | Atelier d'Architecture Brenac & Gonzalez

C’est au sein d’une collection débridée d’architectures que l’agence a posé l’édifice religieux. D’un côté, les façades courbes, rose et chatoyantes d’un immeuble de bureaux signé Sauerbruch Hutton. De l’autre, une pléiade de logements exhibant tout un vocabulaire de formes plus ou moins complexes.

Ceci étant écrit, quelque soit le contexte, l’architecture religieuse reste un épineux sujet où la représentation du sacré est de prime importance.

02(@STuchila)_S.jpgIci, l'agence Brenac & Gonzalez se risque à la restitution d’un archétype en des formes contemporaines. D’aucuns, sous des plis de zinc, verront la réinterprétation du clocher, imposant pinacle situant l’institution religieuse dans la ville.

Jean-Pierre Lévêque, directeur d’agence, évoque «un geste» en vue de «donner un signal d’unité».

Toutefois, plus que sur un symbole, les architectes ont privilégié un «système formel» à même de «regrouper l’ensemble du programme». Le mouvement est «organique» et «toutes les fonctions y trouvent leur place».

«La genèse du projet remonte au concours du macro-lot. Nous avions alors pensé une seule et même feuille que l’on plie afin d’exprimer la totalité de la peau», dit-il. Bref, un «travail de sculpture» était envisagé sur ce site. In fine, les Chantiers du Cardinal - la maîtrise d’ouvrage - a désigné l’agence Brenac & Gonzalez lauréate du macro-lot pour mener à bien le projet.

Sur les premières esquisses, le volume était habillé de Corten. «La technique de sur-toiture était onéreuse. Nous nous sommes ainsi confrontés à une réalité constructive. Souhaitant par-dessus tout préserver l’idée d’unité et de pliage, nous avons choisi du zinc pré-patiné», explique Jean-Pierre Lévêque.

La mise en oeuvre, un temps envisagé en bande horizontale, joue finalement de la diagonale. «Les lits horizontaux donnaient une échelle évidente à l’édifice. Nous avons très vite renoncé à cette idée d’empilement», précise l’architecte. Le père Alain Lotodé se plaît à voir dans ce dessin «l’impression que le haut commence dès le bas, une manifestation du ciel qui descend jusqu’à la terre».

03(@STuchila)_S.jpgLe lieu se devait d’être avenant. Un vaste hall articule les différents espaces qui s’enroulent autour d’un patio central. «Une intériorité à ciel ouvert», dit-il.

Un escalier mène, à l’étage, aux différentes salles de réunion. Au rez-de-chaussée, le coeur du projet, une salle polyvalente. Concerts, conférences et cultes peuvent y avoir lieu. L’ambition affichée était alors à la modularité.

Un oratoire, à proximité, a donc été pensé. La salle, exigüe, présente en son centre un imposant autel en pierre de Volvic. Une large baie vitrée donnant sur le patio apporte la lumière que filtrent des panneaux coulissants en bois. Fermés, ils offrent quelque effet cinétique.

04(@STuchila)_S.jpgContigüe, la grande salle polyvalente n’est séparée de l’oratoire que par une cloison amovible. Ainsi, l’espace est modulable et d’une chapelle, il est possible de créer un vaste lieu de culte.

Le risque était toutefois de donner à la grande salle des airs religieux. L'agence Brenac & Gonzalez a alors imaginé une volumétrie volontairement dissymétrique, jouant sur les plis du bâtiment.

«Notre dessin propose une géométrie qui s’évase vers l’arrière», souligne Jean-Pierre Lévêque. Le plan reste toutefois centré sur l’autel et, par voie de conséquence, sur le patio. Le tout mêle bois et béton, un parti brut. La couleur n’existe, dans ce projet, quasiment pas. La matière et ses aspérités règnent.

«Dans cette salle, il s’agissait avant tout de ne pas exprimer un dogme absolu», souligne l’architecte. En ce sens, le travail de «laïques», «pas forcèment croyants», comme l’indique Jean-Pierre Lévêque, était à même d’éviter l’écueil des symboles.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

narbert | 16-10-2014 à 10:15:00

...bon l ' évèque , en matière d'église , il doit s'y connaître !
ce travail me rappelle celui de Louis Arretche pour l'église sainte Jeanne d'Arc de Rouen , belle sculture !

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